Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

Articles avec #biographies catégorie

Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #un peu d'histoire, #biographies

La vie épique d'un tournoyeur hors-pair

Apprenant la mort du Maréchal, Philippe Auguste aurait affirmé que la chevalerie perdait là son membre le plus éminent. L’éloge est d’autant plus beau qu’il fut prononcé par un roi et un éternel adversaire du défunt.

Voici donc l'histoire de Guillaume le Maréchal (1145-1219), obscur chevalier anglo-normand qui s'élève dans la hiérarchie féodale jusqu'au trône d'Angleterre - il sera en effet régent sur ses vieux jours. Duby commence son ouvrage par l’agonie du Maréchal, avant de présenter ses sources historiques et de faire un « flash-back » sur cette existence haute en couleurs. On découvre ainsi que les braves du Moyen Age faisaient de leur mort une cérémonie très ritualisée, publique et édifiante. Les pratiques successorales et les rapports au sein de la famille sont également au cœur de la réflexion. Mais la vie qui va nous être contée est surtout une histoire de violence et de pouvoir, avec pour cadre l’Angleterre et la France au temps des Plantagenêt.

Son ascension sociale, le Maréchal la doit à ses faits d'armes: ne dit-on pas qu'il aurait capturé au moins 500 chevaliers en tournoi? N’a-t-il pas protégé Aliénor d’Aquitaine contre ses vassaux révoltés ? Et ne l'a-t-on pas vu, à 70 ans passés, sauter en selle pour repousser les Français à la bataille de Lincoln? Mais pour se faire une place dans la société turbulente du XIIème siècle, la prouesse individuelle ne suffit pas. Encore faut-il s’insérer avec habileté dans le jeu des alliances vassaliques. Se gagner des fidèles à force de dons, rechercher la protection des puissants, se rendre indispensable dans la « maisonnée » du roi et obtenir une héritière en récompense … telles sont les stratégies du Maréchal pour assurer sa fortune. Si les trois piliers de la chevalerie sont « vaillance, largesse, loyauté », un soupçon de diplomatie ne peut qu’améliorer la réputation du brave!

Avec cette magistrale biographie, basée sur le récit de Jean le Trouvère (XIIIème siècle), Georges Duby nous prouve qu’il est non seulement un grand médiéviste mais aussi un écrivain inspiré, capable de restituer avec brio un âge de sang et de poussière. Les scènes de tournoi sont épiques. Immersion garantie ! On y apprend que vers 1170 le tournoi n’est pas la joute codifiée dont raffolent les cinéastes, mais une mêlée brutale où tous les coups sont permis et où l’on rançonne ses adversaires. Ce combat par équipes, destiné à canaliser la violence des chevaliers, est un business sportif avant la lettre. Il bénéficie d’une popularité immense, de stratégies de promotion (la publicité du « crieur ») et comporte des enjeux financiers, puisque les champions se mettent au service du plus offrant. Loin du désintéressement des chevaliers de légende, le tournoyeur du XIIème siècle est un athlète à l’esprit mercantile. Et si les divertissements médiévaux n’étaient pas si éloignés des nôtres ?

Ce livre est un incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à la féodalité et à la culture médiévale. C’est un travail à la fois érudit et captivant permettant de découvrir un chevalier dans toute sa complexité, d’appréhender l’homme derrière le mythe chevaleresque
.

Critique libre: GUILLAUME LE MARECHAL OU LE MEILLEUR CHEVALIER DU MONDE (G. Duby)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #biographies, #chez les victoriens

Ouvrier à 12 ans, célèbre à 24!

 

 Voici un petit livre passionnant - pour les jeunes et les moins jeunes - sur la vie et l'œuvre de Dickens, ce monument de la littérature britannique.

 On y apprend que le petit Charles ressemblait fort aux orphelins de ses futurs romans. Issu d'une famille nombreuse et affublé d'un père prodigue, l'enfant découvre très tôt la prison pour dettes. A 12 ans, il est ouvrier dans une usine de cirage pour entretenir ses 5 frères et soeurs. Quant à son instruction, il la reçoit dans un établissement de bas étage où les châtiments corporels sont de mise. C'est en multipliant les petits boulots - copiste, sténographe, pigiste...- que le jeune homme parvient à la carrière littéraire, via le journalisme. Toutes ces expériences, Dickens les transposera dans ses romans qui relatent, pour la plupart, des enfances misérables. Qu'ils aient pour nom Oliver Twist, Little Dorrit, David Copperfield ou Pip, ses petits héros sont tous des avatars de leur créateur.

 Même parvenu à l'âge adulte, Dickens ne cesse de nous étonner. C'est un homme généreux et un peu excentrique, qui cherche l'inspiration en se promenant dans les bas-fonds de Londres. Entouré d'un épagneul, d'un corbeau parleur, d'un chat sourd et ... de 10 enfants, il trouve tout de même le temps d'écrire des romans-feuilletons à succès, que l'on s'arrache jusqu'en Amérique! Malgré le poids des années, il assure lui-même la promotion de ses ouvrages en organisant des lectures publiques. Et même au comble de la gloire, Dickens n'oublie pas les plus démunis, comme en témoignent ses bonnes œuvres en faveur des orphelins et des prostituées. Cette vie trépidante le conduit en train express vers un accident qui manque de lui ôter la vie; mais ce jour-là il se bat encore pour sauver celle des autres.

 Mais ces faits extraordinaires ne doivent pas nous faire oublier les aspects plus humbles de la vie de Dickens. Comme tout un chacun, le grand homme connaissait des déboires conjugaux, des problèmes de santé et même quelques déceptions paternelles. Il se reprochait d'ailleurs, non sans humour, d'avoir mis au monde un grand nombre d'incapables!

 Surprenante, enrichissante et plutôt concise, cette biographie se lit comme un roman. Elle plaira à tous les amateurs de Dickens et donnera aux autres l'envie de découvrir l'univers de cet immense auteur. Espérons-le!

Critique libre: CHARLES DICKENS (Marie-Aude Murail)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #un peu d'histoire, #biographies

Pour naviguer sur les vagues de l'histoire

 

 Lorsque Fernand Magellan s'installe à Séville, personne ne soupçonne que ce Portugais boiteux d'âge mûr a l'étoffe d'un héros. Pourtant il ne rêve que de prendre la mer pour enrichir l'Espagne, son pays d'adoption. Mais il y a plus important encore: afin d'ouvrir une nouvelle route des épices, par l'Ouest, Magellan se propose de contourner l'Amérique, ce Nouveau Monde découvert il y a 25 ans à peine. Il serait ainsi le premier homme à faire le tour du monde, traversant le Pacifique jusqu’en Indonésie, avant de regagner l'Espagne par le Cap de Bonne Espérance. Après avoir vu son projet rejeté par Manoel du Portugal, Magellan parvient à convaincre Charles Quint, un tout jeune monarque en quête de gloire. Mais en partant pour cette expédition tant désirée, Magellan ne se doute pas qu’il ne reverra jamais son foyer. Des 237 hommes embarqués sur les 5 nefs de l’escadre, seuls 18 regagneront Séville à bord de la Victoria.

 Tout au long du voyage, Magellan devra affronter de multiples dangers, à commencer par la mutinerie des officiers espagnols qui refusent d’obéir à un amiral portugais. Tandis qu’ils cherchent un passage permettant de contourner l’Amérique – le fameux détroit de Magellan -, les marins endurent le froid et la faim. Et puis le Pacifique, cet océan jamais exploré, est bien plus grand que les Européens ne l’imaginaient ! Plus de vivres! Pendant des mois, les marins doivent se contenter d’eau croupie et de biscuits souillés par les rats; aussi le scorbut ne tarde pas à décimer l’équipage. Quand ils atteignent enfin les Philippines, Magellan et les siens se croient sauvés. Mais c’est sans compter les indigènes, dont certains sont belliqueux et réfractaires au projet d’évangélisation.

 Après plus de 3 ans et 80 000 km parcourus, les rescapés de l’expédition Magellan regagnent Séville. Et ils rapportent des épices en provenance des îles Moluques! Nous sommes en septembre 1522 ; tant de mois ont passé! Comment reconnaître en ces êtres faméliques les fiers matelots partis pour un tour du monde ? D’autant que c’est à présent un Espagnol, Sébastian El Cano, qui dirige l’équipage. Entre temps les marins ont creusé des tombes sur tous les continents, se sont livrés à la piraterie et ont perdu leur chef. Mais le journal de bord d'Antonio Pigafetta rend amplement justice au courage de Magellan. C’est grâce à ce jeune chroniqueur italien que nous connaissons en détails la première circumnavigation de l’histoire.

 Voici un livre idéal pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur le voyage de Magellan sans se plonger dans une biographie volumineuse. Bien qu’elle s’appuie sur une documentation solide, cette étude prend la forme d’un palpitant récit d’aventures. Elle séduira donc l’imagination des jeunes – et des moins jeunes ! Passionnant et instructif !

Critique libre: MAGELLAN, LE PREMIER TOUR DU MONDE (Gérard Soncarrieu)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #biographies

Héros ou désaxé?

 

Voici un livre qui ne peut laisser indifférent. C’est l’histoire vraie d’un jeune homme qui en 1990 renonce à la civilisation pour vivre pleinement au contact de la nature, par ses propres moyens. Pendant deux ans, il mène une existence marginale, une vie d’ascèse, toute spirituelle, entre petits boulots, chasse et cueillette. Emboîtant le pas d’aventuriers comme Thoreau ou Jack London, il sillonne ainsi l’Ouest des Etats-Unis, jusqu’en Alaska où il trouvera la mort dans de terribles souffrances. Or Chris McCandless avait en apparence tout pour être heureux : des parents aimants, un confort matériel et de brillantes études à son actif. Comment dès lors expliquer ses choix ?

Ce fait divers, à première vue banal – la mort d’un « campeur » imprudent –, a eu en Alaska et au-delà un retentissement énorme auquel Jon Krakauer à beaucoup contribué. Dans son ouvrage, ce journaliste mène l’enquête pour restituer l’itinéraire de McCandless et comprendre ses motivations profondes. Il suit ainsi les traces du jeune homme sur des milliers de kilomètres et interroge ceux qui ont croisé sa route. En guise de comparaison, l'auteur évoque aussi sa propre expérience au seuil de la mort, dans la montagne, et il mentionne d'autres voyageurs excentriques qui, depuis le XIXème siècle, ont tenté un retour à la Nature.

De ces recherches émerge un portrait fascinant, celui d’un garçon idéaliste, intelligent et rebelle, mais d’un extrémisme inquiétant. Au fil des pages, j’ai éprouvé des sentiments ambivalents envers cette personnalité hors du commun. Lorsque Chris brûle ses billets de banque, refuse toute aide extérieure et coupe radicalement les ponts avec ses parents, on est tenté de le croire égocentrique, naïf, voire fou, pour ne pas dire suicidaire. Mais toutes les souffrances qu’il affronte, jusqu’aux limites de l’endurance humaine, révèlent son courage et sa sincérité. Et puis il faut reconnaître qu’il y a quelque chose de sublime dans sa quête de pureté. Ce besoin de fusion avec la nature, bien d’autres l’ont éprouvé avant lui. Serait-ce un désir fondamental de l’être humain ? Peut-être, mais combien seraient capables de sacrifier leur confort pour y accéder ? Si les provocations de ce jeune nous semblent si dérangeantes, c’est parce qu’elles remettent en cause le mode de vie généralement admis et suscitent en nous tous des interrogations existentielles. C’est une lecture à la fois émouvante et éprouvante, sans doute difficile à oublier. J’ai hâte de voir le film.

Critique libre: INTO THE WILD, VOYAGE AU BOUT DE LA SOLITUDE (Jon Krakauer)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #littérature nordique, #biographies

L’adolescence de la plus grande femme de lettres suédoise

 

A 14 ans, Selma Lagerlöf, futur prix Nobel de littérature, ressent déjà le besoin de prendre la plume. Voilà qui tombe bien car l’une de ses amies lui a offert pour Noël un cahier soigneusement relié destiné à recueillir des souvenirs. Avec une verve touchante, Selma y consigne les petits bonheurs, les craintes et les émois qui ont marqué son adolescence de l’hiver 1873 au printemps 1874. C’est à cette période que la jeune fille quitte sa maison de Mårbacka pour faire un séjour de santé à Stockholm, chez son oncle et sa tante. Quelle aventure pour une enfant qui n’a jamais voyagé ! Le trajet en train, la visite de la capitale, la découverte de la vie universitaire à Uppsala en compagnie de son frère Daniel, tout est source d’émerveillement pour la petite Selma. Elle relate aussi sa rencontre avec un étudiant aux allures de prince et bien d’autres curiosités –comme la visite d’une loge maçonnique et une promenade parmi les cadavres à l’école de médecine.

 

 Ce journal, bien que remanié par l’auteure à la fin de sa vie, est un concentré de fraîcheur et de spontanéité. On y découvre une adolescente un peu complexée, sensible et pleine d’imagination qui rêve déjà de devenir écrivain. Au final, ce séjour dans la capitale ressemble à un voyage initiatique: il aura permis à Selma de connaître de nouvelles expériences et d’affirmer sa vocation littéraire, en d’autres termes de grandir. Déjà, sous la plume de l’adolescente transparaissent des thèmes chers à la future femme de lettres, comme le folklore, l’amour de Dieu et un attachement inconditionnel au domaine familial de Mårbacka. Ce petit livre est si attachant qu’il se lit d’un trait. On pourra aussi y glaner quelques informations intéressantes sur la vie en Suède et la famille royale suédoise au XIXème siècle.

Critique libre: MON JOURNAL D'ENFANT (Selma Lagerlöf)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #biographies
Il faut souffrir pour être un Dieu du sport!    

 

Dans ses mémoires publiés en 1996, le champion Kazuhiro Kirishima évoque son long et difficile parcours pour devenir sumotori.

Ce livre est intéressant à plus d'un titre. Pour commencer, il immerge le lecteur dans la culture japonaise en le familiarisant avec ce sport ancestral.
Au Japon, les sumotori font en effet l'objet d'un véritable culte, un peu comme des dieux vivants. Les termes techniques sont bien expliqués et même sans connaissances préalables, on comprend parfaitement les règles de ce sport, le fonctionnement des tournois, le quotidien et les mentalités de ceux qui y participent

D'autre part, grâce au caractère autobiographique, on prend connaissance d'un parcours individuel. Kirishima raconte ses entraînements épuisants jusqu'à la douleur, son combat de tous les jours pour prendre du poids (!) et l'adrénaline pendant la lutte: car sur le "dohyo" - piste de combat-, tout se joue généralement en quelques secondes. Nous suivons l'ascension de ce grand champion, mais il nous fait également part de ses doutes et finalement de son déclin - qu'il reconnaît avec courage -, un déclin qui le conduit à se retirer peu après la publication de ce livre.

C'est donc un témoignage passionnant et rare sur un homme qui cherche sans cesse à se dépasser par amour du sport. Je vous le recommande vraiment.

Critique libre: MEMOIRES D'UN LUTTEUR DE SUMO (Kazuhiro Kirishima)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #biographies, #quiz et jeux

Un livre qui a du mordant!

Comment un bipède « civilisé » peut-il cohabiter avec des bêtes féroces et même communiquer avec elles ? Dans cette autobiographie très nature, Shaun Ellis, plus connu sous le nom d'"homme-loup", explique sa relation avec ces animaux fascinants.

Né dans la campagne anglaise dans les années 1960, Shaun est dans son enfance déjà très proche des animaux. Il nous raconte d'une manière passionnante ses premières impressions dans la nature, sa relation privilégiée avec ses chiens et les nuits qu'il passait à observer les renards alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon.

La suite de sa vie est placée sous le signe de l'aventure. Après un emploi de garde-chasse et un passage dans l'armée, il devient dresseur de chiens, puis part pour un grand voyage dans l'Ouest des Etats-Unis où il rencontre les Nez-Percés, des Amérindiens familiers des grands espaces. C'est là, dans le parc de Yellowstone, qu'il tentera l'expérience la plus ultime de son existence: vivre au milieu d'une meute de loups sauvages, en pleine forêt, loin de toute civilisation. Mais pour s'intégrer à la meute, notre aventurier doit lui-même devenir un loup! Et quand il s'agit de vivre sa passion, il n'y a pas de sacrifice trop grand à ses yeux. Après une longue phase d'approche où il connaît la faim et le froid, Shaun parvient enfin à nouer des liens avec un groupe de loups jamais approchés par l'homme. Pour cela, il apprend à manger de la viande crue, à s'accroupir et à hurler comme un animal et à garder les mêmes vêtements pendant des mois pour que les bêtes puissent le reconnaitre à son odeur. Il accepte aussi de se faire mordre et respecte la hiérarchie instituée dans la meute par le mâle alpha.

Shaun Ellis est le premier homme qui a poussé aussi loin l'expérience au nom de sa passion. Il nous raconte les souffrances endurées, mais aussi les enseignements que lui a apportés cette régression vers l'animalité. La vie avec ces grands carnivores à l'état de nature lui a permis d'observer leur comportement: la hiérarchie, les techniques de chasse, les soins prodigués aux louveteaux et leur apprentissage de la vie au sein du clan.

M. Ellis est devenu ainsi un célèbre comportementaliste, même si cela lui a valu des problèmes de santé et une certaine incompréhension de la part de ses fères humains. A l'issu de cette aventure, il s'est procuré sa propre meute de loups, élevée en semi-liberté, pour poursuivre son travail d'observation et réapprendre aux jeunes loups la vie sauvage. Ce sont de véritables liens d'amitié qui le lient désormais à ses fauves. Il y a les dominants, les joueurs et les chouchous qu'il a envie de protéger -comme ce louveteau gris qu'il a récupéré avec la mâchoire fracturée. M. Ellis en parle véritablement comme de sa famille! Grâce à son travail, plusieurs problèmes liés aux loups ont trouvé des réponses. Il remarque par exemple que les loups élevés en captivité se reproduisent difficilement et font preuve d'une agressivité anormale entre eux. Pour résoudre ces difficultés, il utilise des enregistrements qui diffusent des hurlements de loups, pour faire croire à une meute rivale. Shaun Ellis s'est aussi rendu en Pologne afin de comprendre le phénomène des loups mangeurs d'hommes et de troupeaux. Aujourd'hui âgé de 48 ans, il continue son activité au Royaume-Uni en tant qu'éducateur de loups et de chiens. Son principal objectif est de mieux faire connaître le loup, cette espèce menacée et souvent mal jugée par l'homme.

Ce livre est plus qu'indispensable pour qui s'intéresse au comportement animal. Que l'on soit passionné par la vie sauvage ou simplement désireux de comprendre la psychologie de son chien, l'expérience de Shaun Ellis apporte forcément quelque chose. Il explique avec une grande clarté les mécanismes de la vie de meute. De plus, c'est un ouvrage très bien écrit, palpitant, touchant, et même par moments poétique. Plutôt d'actualité en cette période de prise de conscience écologique!

 

Mais au fait, connaissez-vous ce fauve aux longs crocs qui a longtemps hanté nos forêts? Pour le savoir, faites le test en suivant le lien plus bas.

Critique livre: UN HOMME PARMI LES LOUPS (Shaun Ellis)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #biographies, #litterature russe, #toutes les critiques litteraires, #quiz et jeux

Il était une fois, à Saint-Pétersbourg, un excentrique de génie. 

 

Un nez qui se promène en uniforme officiel, un fantôme vengeur dérobant les manteaux des passants, le portrait du Diable peint d'après nature, des âmes rachetées après le décès de leurs propriétaires… voici quelques-unes des fantasmagories de Gogol. Auteur de récits hauts en couleurs (comme « Les veillées du Hameau ») où les diableries et l’absurde ont la part belle (« Nouvelles de Pétersbourg »), il s’est également consacré à l’histoire de son Ukraine natale (« Tarass Boulba ») et a dressé un portrait satirique de la société russe (« Le Révizor »).

Dans cette biographie, vous découvrirez l’homme qui se cache derrière cette œuvre extravagante: un être malingre, au physique ingrat, pourvu d'un nez d'oiseau et de tenues voyantes. Suivez-le au domaine familial en Petite-Russie, puis dans un misérable appartement à St-Pétersbourg. Assistez à ses cours d'histoire... à la méthode bien particulière. Lisez sa correspondance, aussi ampoulée que touchante. Parcourez avec lui l'Europe, rencontrez ses amis, ses ennemis et familiarisez-vous quelque peu avec la Russie de son temps: celle des tsars et du servage, mais aussi de la littérature. Dépeint par un grand écrivain lui-même d’origine russe, Gogol n’a pas fini de nous étonner. Au fil des pages, il se révèle aussi fantasque, aussi original et mystérieux que ses écrits : mythomane sincère, bon vivant aux élans mystiques, hypocondriaque mais grand voyageur, paresseux mais tourmenté par l’obsession d’une gloire posthume, réservé et mondain … Gogol fut tout cela et bien plus encore. En somme un génie dérangeant et fascinant à la fois. Troyat nous présente également les principaux écrits de Gogol, rédigés dans les brumes de St-Pétersbourg ou sous le ciel radieux d’Italie. Il insiste sur l’influence déterminante de Pouchkine dans l’œuvre de Gogol : tout semblait opposer ces deux personnalités et pourtant Pouchkine est une source perpétuelle d’admiration et d’inspiration pour son cadet, qu’il protège et conseille jusqu’à sa mort.

Cet ouvrage se lit très facilement, malgré ses 600 pages. C’est sans doute dû au talent d’Henri Troyat… et au personnage plein de surprises qu’il a choisi de nous dévoiler. Troyat, qui nous a quittés en 2007, est reconnu pour ses biographies d'écrivains (Dostoïvski, Pouchkine, Maupassant, Flaubert ...) et d'hommes d'Etat (Catherine II, Pierre le Grand, Ivan le Terrible, Raspoutine ...). Etant lui-même né en Russie, il s'est beaucoup intéressé aux grands personnages de ce pays. Que vous soyez amateur de littérature russe, de bonnes biographies, de Troyat ou de Gogol, emportez ce livre avec vous cet hiver!

 

Mais au fait, avez-vous lu "Les nouvelles de Petersbourg", le fameux recueil de Gogol? Si oui, testez vos connaissances avec le QUIZ plus bas!

 

 

 

La vie d'un Russe racontée par un Russe ... et son chien!

La vie d'un Russe racontée par un Russe ... et son chien!

Publié par FLO sur
Publié dans : #un peu d'histoire, #toutes les critiques litteraires, #biographies, #far west

Quand les Dalton ont la parole

 

Tout le monde a entendu parler des Dalton, les fameux hors-la-loi de l'Ouest américain. Pourtant peu de gens connaissent leur véritable histoire. Les albums Lucky Luke ont présenté ces frères comme des bandits aussi bêtes que méchants et dominés par une Mama Dalton tyrannique. Dans cette BD de Morris, les frères brigands nous font plus rire que trembler. Toujours vaincus par le « cow-boy solitaire », leurs hold-ups sont des fiasco et ils passent le plus clair de leur temps en prison, dans de ridicules uniformes rayés. Mais les véritables Dalton étaient-ils aussi inoffensifs? Rien n'est moins sûr.

 

Et si l'on donnait la parole aux principaux intéressés? Emmett Dalton (1871-1937), le plus jeune des frères et seul survivant de la bande, a pris la plume pour relater les exploits des plus célèbres brigands de l'Ouest! Comment de jeunes fermiers ordinaires sont-ils devenus la terreur de l'Ouest? Pourquoi Emmett Dalton, membre du gang, est-il devenu riche et célèbre alors que ses frères ont trouvé une mort atroce?

 

Voici quelques vérités que vous apprendrez en lisant "Le gang des Dalton":


° les célèbres Dalton n'étaient pas 4 mais 3 et demi + 5 ou 6;
° le plus petit n'était pas le chef, mais le plus grand était le plus méchant;
° Mama Dalton ressemblait plus à une mère poule qu'à une furie;
° les Dalton avaient des cousins aussi célèbres qu'eux...
° ... et même une soeur qui les cachait dans un tunnel souterrain;
° les Dalton ont servi la loi avant de la bafouer;
° on a souvent été injuste envers les Dalton;
° l'un des Dalton était le roi de l'évasion, mais un autre a vieilli en prison;
° les Dalton ont longtemps été vus comme des Robin-des-bois...
° ...avant d'être massacrés par leurs propres voisins en colère;
° aucun des membres du gang ne s'est jamais rendu;
° vous ne serez jamais aussi photogénique que les cadavres des Dalton;
° Un seul d'entre eux a survécu pour nous raconter tout ça...
° dans des livres et des films dont il est le héros!

 

Ce livre est une autobiographie trépidante, rythmée par de folles chevauchées, des braquages et des chasses à l'homme. En annexe, des photographies d'époque nous montrent les frères Dalton, leurs proches, ainsi que leurs corps mutilés après le braquage de Coffeyville qui a mis fin à leurs prouesses. Passionnant pour qui s’intéresse à l’histoire du Far West.

 

POUR en savoir plus, CLIQUEZ sur la 4ème de couverture et regardez la vidéo publiée dans l'article suivant!

Critique libre: LE GANG DES DALTON, notre véritable histoire (Emmett Dalton)
Publié par FLO sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #chez les victoriens, #famille bronte, #biographies

Dans la famille Brontë, on demande le frère maudit ...

 

La famille Brontë compte trois célébrités, trois sœurs dont les prénoms sont associés à l’âge d’or du roman britannique. Mais si la littérature a consacré Charlotte, Emily et Anne, il en va tout autrement de Patrick Branwell. Lui, l’enfant préféré du révérend Brontë, lui dont le talent semblait si prometteur à l’adolescence, lui que l’on disait le génie de la famille, le voilà mort dans la fleur de l’âge sans un seul poème publié. Pire encore : il s’est enfoncé dans la déchéance, infligeant à ses sœurs une honte et des tourments incessants. Alcoolique, drogué, impie et désespéré, Branwell a inspiré les personnages les plus ténébreux des romans « brontiens ». Dans « Hurlevent » (Emily Brontë), il est Heathcliff,  héros hanté et passionné, qui n’a plus que la force de se détruire. Dans « La dame de Wildfell Hall » (Anne Brontë), il est Huntington, un alcoolique brutal qui ruine son ménage avant de connaître une atroce agonie.

 

Il existe pourtant une contrée dont Branwell est le roi: c'est le pays imaginaire d'Angria, également appelé «le monde infernal ». Né sous la plume des enfants Brontë, cet univers fabuleux est peuplé de tous leurs rêves, de leurs cauchemars et de leurs fantasmes –ils les dissimulent d’ailleurs sous une petite écriture illisible,… une sorte de code secret. De ces jeux littéraires naissent la plupart des romans et des personnages « brontiens », ainsi que l’habitude d’écrire ensemble. On a conservé de nombreux poèmes rédigés à deux mains par Branwell et Charlotte, et il n’y a qu’à comparer le début du roman « Le Professeur » avec un écrit de Branwell pour connaître l’influence qu’exerce le frère sur la soeur. Certains critiques pensent même que « Hurlevent » a été conçu par Emily en collaboration étroite avec son frère. Et pourtant aucun poème signé Branwell n’a été publié ! Même constat dans le domaine de la peinture : artiste talentueux, Branwell nous a laissé quelques-uns des rares portraits que nous possédons des sœurs Brontë; mais cela ne l’empêche nullement d’être recalé à l’examen de la Royal Academy.

 

Toutes les créations de ce frère maudit semblent ainsi vouées à l’échec. Incapable d’accomplir ses rêves, Branwell en est réduit à gagner sa vie comme employé des chemins de fer… avant de perdre son poste pour alcoolisme. Puis il s’essaie au métier de professeur, sans plus de succès. Quant à sa vie sentimentale, elle est tout aussi désespérante. Une intrigue – en partie imaginaire- avec la femme de son employeur lui donne le coup de grâce.

 

« Je ne sais qu’une chose –écrit-il dans une lettre-, c’est qu’il est temps pour moi de devenir quelqu’un alors que je ne suis rien. Que mon père n’a plus pour longtemps à vivre et que lorsqu’il mourra, ma vie, déjà à son crépuscule, sombrera dans la nuit. Que grâce à ma forte constitution, je survivrai pendant des années de torture et de désespoir, suppliant la mort de me prendre. »

Dépressif et probablement épileptique, il abuse des spiritueux et du laudanum. Pendant de longs mois, il agonise au presbytère, tandis que son père prie et que ses sœurs se désolent face au spectacle de sa débauche. Cette chambre, Branwell ne la quittera plus que pour rejoindre son tombeau. En septembre 1848, à l’âge de 31 ans, il est enterré au cimetière d’Haworth, où Emily et Anne le rejoignent bientôt.

 

C’est ce personnage tourmenté qu’étudie ici Daphné Du Maurier. Elle-même écrivain, elle est influencée par les Brontë dans des romans comme « Rebecca » ou « Ma cousine Rachel ». Cette étude biographique (1960) est fascinante car elle met en lumière l’âme damnée de la fratrie. Elle permet de mieux comprendre l’univers des sœurs Brontë, en révélant l’influence morbide de ce frère sur leurs esprits et leurs œuvres.

 

 « Heureux sont les morts, ne les plains pas,

Car si leur vie est achevée, leur tâche l’est aussi,

Et désirs et douleurs ne les tourmentent plus ;

Jamais, sous leur couche terrestre, ils ne connurent

Ce profond sommeil sans rêve qu’est le leur ;

Dans les tombeaux creusés sur la rive inconnue

Dont les Ténèbres et le Silence scellent les portes :

Détourne d’eux ta tête penchée

Et plains le mort vivant – dont l’âme s’est enfuie-

Déserté par la vie,  dédaigné par la mort,

Lui pour qui le Ciel est vide au-delà des nuées,

Lui que jamais n’illumine une lueur d’Espoir

LUI, la proie de ce ver qui le ronge…

De la mort INEXORABLE, des ténèbres de la tombe. »

(Poème de Branwell Brontë)

Critique libre: LE MONDE INFERNAL DE BRANWELL BRONTE (Daphné Du Maurier)

À propos

Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

“Passionnée de littérature classique et de littérature du monde, je partage avec vous mes dernières lectures.”

Rédigé par Bianca Flo

Articles récents

Hébergé par Overblog