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Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

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Les hors-la-loi de l'Ouest: BLACK BART, gentleman et pilleur de diligeances

  "Longtemps j'ai peiné pour du pain,
Pour l'honneur et pour la richesse,
Mais vous m'avez trop longtemps humilié,
Jolis fils de putains.
     Black Bart le poète"



          Si l'Ouest américain attire nombre d'hommes et de femmes honnêtes et travailleurs en quête d'argent, de bonheur et d'une vie meilleure, il attire également un autre genre d'individus: des hommes et des femmes sans scrupules et paresseux qui veulent s'enrichir rapidement sans travailler. On les appelle bandits, voleurs de grand chemin ou tout simplement brigands. Leurs méfaits font la une des journaux à travers tout le pays et certains finissent par devenir célèbres, non pas parce qu'ils participent à la création de l'Ouest, mais parce qu'ils le pillent!
Les hold-up symbolisent l'Ouest des débuts, une terre sauvage et sans loi où hommes et femmes se mettent à voler par goût de l'argent, du pouvoir mais aussi de l'aventure! Certains bandits, comme les frères James pillent à la fois diligences, trains et banques. Mais la plupart des gangs se spécialisent.
         Les premiers bandits se consacrent aux attaques de diligences. Ils opèrent généralement seuls, parfois à deux, et s'en prennent à la puissante Wells Fargo Express. L'Ouest américain a fait naître tout un mythe autour des grandes routes car il y avait de vastes espaces et prendre la fuite était facile. Les premières attaques de diligences en Californie visaient des véhicules qui transportaient des lingots d'or jusqu'aux centres d'embarquement de Stockton ou de Sacramento. Au début, les compagnies de diligences transportaient les objets de valeur dans des sacs en tissu, mais devant l'augmentation du nombre d'attaques, la Wells Fargo décide de les placer dans des coffres en bois peints de couleur verte et bien cadenassés. Les bandits faisaient irruption sur la route; ils étaient souvent à pied. L'un maîtrisait les chevaux de tête et l'autre ordonnait au conducteur de lui remettre le coffre. Le fameux «Lance-nous le coffre!» faisait la une des journaux à travers tout l'Ouest et glaçait le sang des conducteurs de diligence.

        Les bandits recherchent seulement l'argent et les passagers ne sentaient pas toujours concernés. Parfois même ils acclamaient le voleur car il prenait l'argent de la Wells Fargo, l'une des plus grandes entreprises d'Amérique.
«Le voleur surgit des rochers à quelques mètres de la diligence. Pendant qu'il ouvrait le coffre, il s'est même excusé auprès du conducteur de nous retarder, ajoutant que ce genre de choses arrivait même dans les meilleurs milieux» (Mc Pherson, passager, Comstock).
          Mais les passagers de la diligence n'étaient pas toujours épargnés. Parfois il y avait des passagers mais pas de coffre; alors les bandits leur demandaient de descendre et leur prenaient leurs montres, leurs bagues et leur argent.
«Le bandit surgit de derrière un arbre; il s'empara de lui, lui attacha les mains puis se mit à lui faire les poches. M.Hobbes dut céder ses 20 dollars en pièces d'argent ainsi qu'une bourse contenant l'équivalent de 4000 dollars en poudre do'r.» (Rédacteur Daily Union, 1851)


         La plupart des bandits de grand chemin restent dans l'ombre. Il existe néanmoins un bandit masqué qui devient célèbre dans tout le pays. Le plus grand pilleur de diligence de l'Ouest est facile à identifier: son surnom était Black Bart et son vrai nom Charles E. Bowles (1829-mort en 1917?). Il est venu en Californie pendant la ruée vers l'or (1848-1856). Plus tard, il s'est marié dans le Midwest et a eu des enfants. Il a servi avec grand courage durant la guerre de Sécession (1861-1865). Pourtant après la guerre, il a abandonné sa famille et est retourné en Californie. Black Bart a entamé sa carrière de hors-la-loi en 1875 dans la zone minière de la Sierra Nevada, près de la petite ville de Copperopolis. Là, il a surgi sur la route avec un fusil à deux coups pointé en direction du conducteur et lui a dit: «S'il vous plaît, lancez-moi le coffre!» Black Bart, chose inhabituelle, ne se déplaçait pas à cheval, mais à pied et c'est peut-être la raison de sa réussite. Il était presque impossible de suivre sa trace. Il commettait parfois 2 ou 3 vols très rapprochés dans le temps mais à des centaines de kilomètres de distance. Certains conducteurs de diligence ne se laissaient pas impressionner par le bandit masqué. Ainsi Sam Smith qui déclare à Black Bart: «Sur cette route, les coffres de la West Fargo sont presque vides. N'espère même pas en tirer de quoi payer la corde qui te pendra!»
Black Bart était un vrai gentleman. Il ne molestait pas les passagers et ne volait pas les femmes. Il était tiré à quatre épingles et portait un chapeau melon ainsi que des vêtements chers. On n'aurait jamais pu se douter qu'il était un pilleur de diligences. Il était différent de la plupart des grands bandits, préférant la café à l'alcool et laissant des poèmes sur le lieu de chacun de ses vols.
Le bandit poète mène avec succès sa guerre contre la Wells Fargo. En huit ans, il attaque 28 diligences dans le Nord de la Californie et dans le Sud de l'Oregon. Pourtant la chance tourne lors de sa 29ème attaque. Son dernier vol a eu lieu près de Copperopolis en Californie. Un jeune garçon qui faisait partie des passagers était descendu de la diligence pour aller chasser. A son retour, il a vu que le convoi était attaqué; il a ouvert le feu sur le voleur, provoquant sa fuite. C'était Black Bart. Il avait laissé des indices derrière lui, le plus important étant un mouchoir en lin portant un numéro de blanchisserie (FX07). Ce mouchoir fournit à James Hume, le détective de la Wells Fargo, les indices nécessaires pour capturer ce bandit tristement célèbre.
«Black Bart est fuyant comme une anguille; mais nous multiplions les efforts pour appréhender le bandit de grand chemin le plus redoutable que le monde ait connu.» (James Hume)
         Grâce au numéro sur le mouchoir, des détectives spécialisés engagés par James Hume remontent la piste jusqu'à une blanchisserie de San Francisco. Black Bart est arrêté en 1883 qu'il flânait dans une rue. «On aurait dit un gentleman ayant fait fortune et profitant de la vie. Il avait l'air de tout sauf d'un voleur.» (Harry Morse, détective spécialisé de la Wells Fargo)
 

            Le bandit gentleman est finalement traduit devant la justice et tandis qu'il purge une peine de 6 ans, à la prison de Saint Quentin (Californie), il écrit à sa femme et à ses enfants qu'il avait abandonnés: «O, ma chère famille, vous êtes bien peu conscients de la terrible épreuve par laquelle je suis passé, et bien peu d'hommes réputés bons sont dignes de l'énorme quantité de poudre qu'il faut pour les disperser dans l'éternité. Votre malheureux et indigne mari et père: Charles. E. Bowles.» En 1888, peu après sa libération de prison, Black Bart disparaît sans laisser de traces.

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