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Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

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Critique libre: LA MAISON DU MARAIS (Florence Warden)

Miss Christie mène l’enquête

 

Dans ce roman victorien (1882), il y a du mystère, une vieille demeure bien humide, d'affreux traîtres et une héroïne naïve à souhait.

La narratrice est en effet une jeune institutrice qui se rend aux Sureaux pour répondre à une offre d'emploi parue dans le Times. Elle s'appelle Violet Christie; mais rien à voir avec Agatha! Notre Violet s'avère même une piètre enquêtrice.

Arrivée chez ses employeurs, la jeune fille est subjuguée par son patron, Mr Ryter, qui représente à ses yeux la beauté, la gaité et le dévouement filial. Quant à Mrs Ryter, elle semble en bien mauvaise santé et se terre dans une mélancolie maladive. La maison des Sureaux compte aussi d'autres habitants: il y a Haïdée Ryter, l'élève de Miss Christie, sa petite soeur Mona, sauvageonne qui erre dans le parc et déteste son père; et puis il y a la terrible servante, Sarah. Celle-ci semble prête à tout pour nuire à notre héroïne.

Plus l'histoire avance et plus le mystère s'épaissit -du moins pour la narratrice car le lecteur, lui, peut entrevoir quelques lumières dès le milieu du roman! Pourquoi Mrs Ryters se confine-t-elle au rez-de-chaussée, dans la partie la plus malsaine de la maison? Qui sont ces hommes qui errent de nuit autour des écuries? Quel lien mystérieux unit Sarah à son employeur?

Les complots ne seront pas épargnés à la pauvre Violet. Elle devra déjouer plusieurs attentats contre sa vie et ... sa vertu, le tout sur fond de marécages et de brouillards. Elle apprendra aussi que les apparences sont trompeuses. Mais, il faut dire que notre Miss Christie est d'une crédulité affligeante, d'une candeur irritante... Heureusement, le séduisant Laurence Reade, voisin des Sureaux, est là pour protéger sa belle.

Ce roman m'a fait penser à "L'auberge de la Jamaïque" (critique à venir): une jeune fille arrive dans une maison isolée dont elle tente de percer le mystère; son employeur est fascinant et exerce un pouvoir absolu sur son épouse, une pauvre femme égarée; le paysage désolé ajoute à la noirceur de l'intrigue... C'est à se demander si Daphné Du Maurier ne s'est pas inspirée de sa compatriote un demi-siècle plus tard.

La première moitié du roman est palpitante et se lit d'un trait -suspense oblige! Mais par la suite, la psychologie de la narratrice se révèle contradictoire et peu crédible. Outre son incroyable naïveté -elle ne comprend rien, ne déduit rien même face à des évidences -, Violet possède aussi une bonne dose de coquetterie: elle semble aimer Laurence Reade, mais se laisse courtiser par son employeur et par Tom Carruthers le débauché local, sans penser à mal (???). En 1882, une jeune fille agissant ainsi aurait été taxée d’immoralité ; d’ailleurs Violet s’attire quelques remarques en ce sens ainsi que la colère de son fiancé, et elle se sent injustement persécutée!

Florence Waren est une actrice britannique du XIXème siècle qui a pris la plume. Son roman a rencontré, paraît-il, un grand succès et c'est sans doute le seul que vous pourrez lire en français. Personnellement, je le placerais tout de même en-dessous de certains classiques du genre, comme "Pierre de Lune (Wilkie Collins) ou "L'oncle Silas" (Sherdian Le Fanu). De plus, la traduction m'a semblé un peu trop … moderne et en décalage avec à l’élégance du style victorien. Voici donc une découverte littéraire sympathique, une lecture divertissante qui vous procurera de bons moments, à condition de ne pas être trop exigeant.

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