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Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

Articles avec #policiers catégorie

Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #policiers, #chez les victoriens

Trois fois mort

 

Tout le monde vous dira que le surveillant de pension Jabez North est le plus convenable des habitants de Slopperton. Mais pourquoi se glisse-t-il hors de l’établissement au moyen d’une corde la nuit même où un meurtre est commis aux environs? Et quel lien unit ce gentleman aux sordides occupants de la rue Peter- l’Aveugle ?

Ce roman qui marque les débuts littéraires de Mary Elizabeth Braddon est plus sinueux qu’un serpent. Difficile de le résumer en quelques lignes. L’intrigue, dense et bien ficelée, comporte des rebondissements sans nombre. Reine de la « sensation novel », Mrs Braddon nous entraîne des bas-fonds anglais à la haute société parisienne, multipliant au passage les crimes et les fausses identités. L’un des personnages finit même enfermé à tort dans un asile de fous, avant de réussir une évasion digne de Montecristo. Les noires péripéties imaginées par Braddon ne sont pas sans rappeler Eugène Sue, ce grand nom du roman feuilleton à la française. Rien de bien réaliste mais une histoire captivante et horrifique, servie par la plume enlevée de l’auteure. Descriptions et commentaires sont particulièrement réjouissants, ce qui contribue à créer une atmosphère, voire une certaine intimité avec le lecteur.

C'est aussi un bon roman policier où l'enquête est menée de main de maître par un limier muet. Le milieu du XIXème siècle voit les débuts de la police urbaine de Londres et la création de la première brigade d’investigation de Scotland Yard.  L’auteure répond ainsi à l’intérêt croissant des Britanniques pour le monde du crime. Et quel talent pour dépeindre la perversité du criminel à l’oeuvre! Voilà ce que lisait le grand public victorien avide de sensations fortes. Comparez avec un polar à succès d’aujourd’hui et vous verrez que nos ancêtres avaient meilleur goût en matière littéraire. Ce n’est pourtant pas l’œuvre la plus aboutie de Mrs Braddon, peut-être en raison de quelques défauts de jeunesse. On regrette notamment la psychologie trop peu fouillée des personnages – au regard de ceux de Wilkie Collins par exemple; mais n’oublions pas qu’en 1860, lorsque ce roman paraît sous le titre « Trois fois mort », l’auteure n’a que 25 ans ! 

Critique libre: LA TRACE DU SERPENT (Mary Elizabeth Braddon)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens, #Wilkie Collins, #policiers

Enquête parmi les ombres du passé

 

Lorsque Valeria Brinton s’unit à Eustace Woodville dans une petite église de Londres, elle ignore presque tout de son époux. Mais dès la lune de miel, elle s’aperçoit que cet homme en apparence si doux cache un lourd secret. Pourquoi la mère de son mari refuse-t-elle de rencontrer sa nouvelle bru ? Et que signifie cette vieille photographie où Eustace pose tendrement à côté d’une autre femme ? La jeune mariée comprend bientôt que Woodville n'existe pas: ce n'est qu'un nom d'emprunt utilisé par son époux pour dissimuler sa véritable identité. Il y a là de quoi éveiller les soupçons, même lorsqu’on est une femme amoureuse. Avec toute la détermination d’une passion sincère, Valeria entame des recherches sur le passé de son mari. La voici lancée dans une enquête qui lui réserve de terribles découvertes, au risque de troubler à jamais son bonheur conjugal.

Même si elle n’est pas tout à fait « seule contre la loi » - puisqu’un vieil avoué et un général excentrique lui viennent en aide -, Valeria se montre d’une audace sans pareille pour une femme de son temps. Au milieu du XIXème siècle, une dame respectable ne devait pas frayer avec la justice, encore moins se mêler d’affaires criminelles ! Mais je ne vous en révèle pas davantage pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture. Si vous voulez suivre Valeria dans ses trépidantes investigations, plongez dans ce policier de l’époque victorienne. C’est un Collins digne de ce nom grâce à un sens du suspense qui captive dès les premières pages. Alors que d’autres romans de Collins se concentrent plutôt sur une ambiance et un mystère, l’auteur fait ici la part belle à l’enquête, ne négligeant ni témoignages ni indices matériels en apparence insignifiants. Dommage qu'un cul-de-jatte aussi fou que bavard vienne parfois lasser la patience du lecteur: ce personnage, bien qu’indispensable au puzzle m'a paru peu convaincant. La vision (relativement) moderne de la femme et le choix d’une narratrice qui raconte ses péripéties à la première personne sont caractéristiques de Wilkie Collins, un auteur plutôt féministe qui militait pour une libération des mœurs, dans son œuvre comme dans sa vie entachée de concubinage.

Critique libre: SEULE CONTRE LA LOI (Wilkie Collins)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #contes et nouvelles, #policiers

Les indiscrétions d'un Sherlock Holmes en jupons

 

Voici les aventures de Judith Lee, jeune Anglaise de la Belle Epoque qui devient détective malgré elle. Notre héroïne possède en effet un don plutôt rare, voire embarrassant : celui de lire sur les lèvres des personnes qu’elle croise. Ce talent, elle l’a développé au cours de sa carrière de professeur dans une école pour sourds-muets. Mais avec de telles capacités, on ne peut mener une vie de tout repos. Qu’elle soit en vacances, au restaurant ou simplement dans la rue, Judith est témoin d’étranges confidences. Et lorsque celles-ci tournent autour d’un crime, notre enquêtrice se doit d’intervenir. Dotée d’une singulière audace et d’un tempérament hors norme, Judith Lee affronte toute sorte de malfaiteurs – de l'escroc au serial killer, en passant par le mafieux, sans oublier le cambrioleur et l’anarchiste. 

Publiées dans des revues britanniques en 1911 et 1912, les aventures de Judith Lee sont toujours entraînantes et pleines d’humour. Elles doivent leur succès à la personnalité originale de l'héroïne. L’auteur a imaginé un personnage résolument anticonformiste, en rupture avec l’idéal féminin de son temps. Car Judith pratique les sports de combat et n’envisage aucunement de prendre mari. De quoi faire rire le lecteur de la Belle Epoque ! Connu pour ses romans fantastiques – dont le plus célèbre est « Le scarabée »-, Richard Marsh appartient à une génération qui appréciait les conteurs véritables. En quelques lignes, il parvient à captiver le lecteur dans des registres aussi variés que le policier, l'horreur ou le comique. Un second volume - intitulé "Les aventures de Judith Lee" - va bientôt paraître chez ce même éditeur. Encore un excellent divertissement en perspective!

Critique libre: LES ENQUETES DE JUDITH LEE (Richard Marsh)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens, #policiers

Crime et sentiments

Marie Saxonbury est une femme fatale. Peut-être est-ce là une revanche du destin, car son père, Sir Arthur, a eu dans sa jeunesse le cœur brisé par une certaine Marie. C’est à présent à sa fille de faire souffrir les hommes. Non que Miss Saxonbury soit particulièrement cruelle – elle possède au contraire une bonne dose de naïveté -, mais sa beauté et sa coquetterie vont mener plus d’un gentleman à sa perte. Le premier à succomber à ses charmes est Verner Raby, un peintre romantique, trop timide pour gagner le cœur de la jeune fille. Mais lorsqu’Edouard Janson, étudiant en médecine, fait son apparition à Saxonbury, Marie découvre enfin l’amour. Renoncera-t-elle à son brillant avenir pour épouser un médecin pauvre, ou choisira-t-elle un mariage de raison avec son cousin Arthur Yorke ? De passion en jalousie, ce roman nous entraîne sur la piste du crime ! Car l’un des prétendants est de trop, et il trouvera la mort dans d’horribles circonstances, par une nuit de brouillard... Quant à découvrir le coupable, méfiance ! Les apparences sont quelquefois trompeuses.

Ellen Price Wood, alias Mrs Henry Wood - du nom de son mari -, est une spécialiste du « crime novel », genre très prisé à l’époque victorienne. Comme son célèbre contemporain Wilkie Collins, Mrs Wood situe ses intrigues dans un cadre bourgeois, en apparence paisible, puis elle brise cette harmonie domestique au moyen des intrigues les plus retorses. Mystère et faux indices sont alors au rendez-vous, et Mrs Woood s’emploie avec délectation à égarer son lecteur. Dans « Les Mystères d’East Lynne », son roman le plus connu, tout comme dans la nouvelle policière « La boîte d’ébène », l’auteure nous avait déjà habitués aux pires subterfuges (voir la critique sur ce site). Mais sous couvert de divertissement, Mrs Wood nous livre aussi – en bonne victorienne ! – une réflexion moralisante sur la fidélité et le bonheur conjugal. Après les terreurs et les larmes vient le « happy end », certes un peu convenu, mais tellement sympathique ! Ce roman (publié en 1863) m’a beaucoup plu pour son style entraînant, son intrigue captivante et son sens du suspense. C’est une immersion bien agréable dans la littérature populaire du XIXème siècle.

Critique libre: LA NUIT DU GRAND BROUILLARD A OFFORD (Mrs Henry Wood)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens, #policiers

Qui a tué le maître chanteur ?

Dans ce roman, à la fois sentimental, domestique et policier, Mrs Braddon raconte le destin romanesque d’Aurora, fille d’un riche banquier et d’une actrice. Dotée d’un tempérament de feu et d’une très grande beauté, notre héroïne exerce un charme magnétique sur son entourage. Paysans et gentilshommes, maîtres et domestiques, tous n’ont de cesse de l’admirer, à commencer par son vieux père. Ainsi, Aurora se voit courtisée simultanément par deux amis, John Mellish et Talbot Bulstrode, tous deux d’excellente naissance et follement épris de la jeune fille. Mais, bien qu’elle ait à peine vingt ans, Miss Floyd est une cache un lourd secret, un secret qui conduira au meurtre…

Ce que j’ai aimé :
° Le portrait de cette femme fatale m’a semblé plutôt convainquant et les personnages masculins sont très sympathiques, surtout John Mellish, gentilhomme campagnard au grand cœur.
° Mrs Braddon (1835-1915) écrivait avec une facilité déconcertante, comme l’ont souligné ses contemporains. Que ce soit à la cuisine ou au milieu des cris d’enfants, elle était capable de prendre la plume et de rédiger ses œuvres avec la plus grande des concentrations. Le résultat est un style entraînant, fluide et plein de vivacité, bref un roman agréable à lire !
° Le cadre dans lequel évoluent les personnages possède un certain charme ! L’histoire nous entraîne dans de vastes manoirs aux murs lambrissés, somptueusement meublés et entourés de parcs mystérieux. Brandy, parties de chasses et steeple-chase sont les divertissements préférés de la haute société victorienne décrite ici.
° Le roman contient une réflexion –encore d’actualité- sur le mariage et le bonheur domestique : tandis que Talbot Bulstrode choisit une épouse douce et soumise qui lui procure une existence tranquille, John Mellish, lui, préfère la passion et en subit les conséquences.

Ce que j’ai moins aimé :
° Il y a parfois des longueurs!
° Le lecteur devine assez rapidement le secret d’Aurora, et par la suite il n’est pas très difficile de comprendre qui a commis le meurtre. Même si l’auteure imagine une véritable enquête policière, on peut regretter cette absence de suspense. Mais Mrs Braddon s’intéresse moins à la solution de l’énigme qu’à la réaction des personnages face à leurs découvertes. Il en va de même dans son roman « Henry Dunbar », également commenté sur ce site.

Au final c’est un bon livre, avec une intrigue bien construite et des personnages très vivants. Je recommande cette lecture à tous ceux qui aiment les romans à mystères et la littérature du XIXème siècle.

Critique libre: AURORA FLOYD (M. E. Braddon)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #chez les victoriens, #toutes les critiques litteraires, #policiers, #romans

Qui est qui?

 

Mary Elizabeth Braddon, l'Agatha Christie de l'ère victorienne, nous propose ici une enquête policière trépidante.

Henry Dunbar, richissime banquier, revient en Angleterre après avoir vécu 35 ans aux Indes. C'est alors que le passé le rattrape par l'intermédiaire de Joseph Wilmot, ancien valet dont il a détruit l'existence. Après une brève rencontre entre les deux hommes, Wilmot est retrouvé assassiné dans un petit bois. Désormais tout accuse Henry Dunbar, le millionnaire sans scrupules, et pourtant ...

Ce roman plein de suspense se lit très rapidement; il nous entraîne dans un jeu de masques, puis dans une course-poursuite menée par un policier roux au caractère bien trempé!

On y trouve aussi deux ou trois histoires sentimentales et, au final, tout est bien qui finit bien; car en digne victorienne, Mrs Braddon apprécie les dénouements édifiants.

Même si le noeud de l'intrigue peut être aisément découvert par le lecteur, le suspense reste présent car on se demande comment tel ou tel personnage va réagir en découvrant que tout ceci est une vaste mystification ... Je ne vous en dis pas davantage! Mais si vous appréciez les romans à mystères,  bien écrits, dans une atmosphère d'époque, ce livre est fait pour vous!

Critique libre: HENRY DUNBAR (Mary Elizabeth Braddon)
Publié par FLO sur
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Un foisonnant roman à mystères

 

°°°° Dans l’Angleterre victorienne, les romans à mystère(s) sont très en vogue, comme en témoigne l’œuvre de Wilkie Collins ou celle de Mary Elizabeth Braddon, pour ne citer que des maîtres. Avec « Les mystères d’East Lynne », Mrs Wood entre à son tour au « panthéon » des romanciers populaires anglais. Ce livre, écrit dans les années 1860, est en effet un chef d’œuvre du genre ; on y trouve même tous les ingrédients d’un policier avant la lettre!

°°°° Au fil des 650 pages, l’auteure déploie une intrigue complexe, foisonnante, et donne vie à toute une communauté anglaise avide de mélodrames. La paisible ville de West Lynne est tirée de sa torpeur par une succession d’évènements dramatiques. Il y a d’abord le meurtre d’Hallijohn, un vieil homme sans histoires qui  habite avec ses filles dans un cottage près des bois. Quand le cadavre du vieillard est découvert, tout accuse Richard Hare,  fils d’un magistrat de la ville. Dick a beau clamer son innocence, il doit fuir West Lynne pour échapper à la peine de mort. Sa sœur, Barbara Hare, décide alors de découvrir le vrai coupable avec l’aide d’Archibald Carlyle, un avoué dont elle est secrètement amoureuse.

A cette enquête s’ajoutent d’autres mystères liés à la famille Carlyle. Lorsqu’ Archibald Carlyle rachète la demeure du comte de Mount Severn, il ignore que son existence bien rangée va basculer dans la tragédie. Bien qu’en apparence tout à fait respectable, le manoir d’East Lynne deviendra le théâtre de l’imposture et des passions coupables, sous l’influence de lady Isabel, l’épouse de Carlyle.  Toute une galerie de portraits gravite autour d’East Lynne : Francis Levison, un séducteur dénué de scrupules, Miss Corny Carlyle, une vieille fille qui ne s’en laisse pas compter, Joyce, la servante dévouée, le secrétaire Mr Dill, sans oublier tous les habitants de West Lynne, prompts à juger mais au final solidaires.

Isabel Carlyle succombera-t-elle à la jalousie et au charme malfaisant de Levison? Barbara supportera-t-elle de voir son unique amour marié à une autre femme? Thorn le meurtrier existe-t-il vraiment? Et qui est cette nouvelle gouvernante qui dissimule son visage sous des verres de couleur?

Ces mystères, sanglants ou sentimentaux, sont ceux d'East Lynne. Ouvrez le livre pour vous y rendre et enquêtez avec Archibald Carlyle, le gentleman détective.

°°°° J'ai particulièrement apprécié ce roman pour son atmosphère - personnages bien caractérisés, art de vivre à l'époque victorienne -, mais aussi pour son côté entraînant. Le style de Mrs Wood est élégant mais sobre. De quoi passer d’excellents moments de lecture !

Critique libre: LES MYSTERES D'EAST LYNNE (Mrs Wood)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #romans, #chez les victoriens, #terreurs et revenants, #policiers, #toutes les critiques litteraires

Entre enquête, surnaturel et folie

 

Imaginez une vieille demeure mélancolique, les Hêtres Gris, située entre Angleterre et Pays de Galles, à la fin du XVIIIème siècle. Dans ce manoir envahi par les ronces vit la famille de Richard Marston, un gentleman ruiné et amer. La solitude de la maisonnée est un jour interrompue – au grand dam du maître de maison - par un invité importun : Sir Wynston Barkley, cousin et ancien camarade de Marston.

Dès lors, une atmosphère maléfique pénètre dans la maison et même les domestiques commencent à agir étrangement. Pourquoi ce pauvre Cartwright, au service des Marston depuis des années, souhaite-t-il quitter le domaine ? Quel terrible secret cache Mlle de Barras, gouvernante jusque-là exemplaire ? Et qu’est-ce qui lui donne tant de pouvoir sur le chef de famille ?

Vous l’aurez compris, un meurtre sordide se prépare. Mais le coupable n’est peut-être pas celui que tout accuse… Toujours est-il que la famille Marston va voler en éclats, ternie à jamais par ce sanglant mystère.

Ce roman utilise de nombreuses ficelles du genre policier : enquête, indices et faux coupable sont au rendez-vous. Mais le récit se trouve aussi à la lisière du fantastique. Le Fanu y traite de la folie et de la hantise diabolique, thèmes présents dans la plupart de ses romans et nouvelles. Nous ne sommes qu’en 1851 lors de la publication de ce livre ; mais les obsessions de l’auteur deviendront encore plus prégnantes après la mort de sa femme en 1858. Dès lors l’écrivain s’enfermera dans une grande solitude et produira des chefs d’œuvre, tous plus morbides les uns que les autres.

« Invitation au crime » est donc un livre particulièrement noir et angoissant. Ses 150 pages se lisent d’un trait, tant le suspense tient en haleine. Une invitation à ne pas fermer l’œil de la nuit !

Critique libre: INVITATION AU CRIME (J. S. Le Fanu)
Publié par FLO sur
Publié dans : #chez les victoriens, #contes et nouvelles, #policiers, #toutes les critiques litteraires

Six reines du crime au temps de Sherlock Holmes

 

Elles ont ouvert la voie à des monuments du policier anglais comme Agatha Christie ou Ruth Rendell. Découvrez six victoriennes qui ont mis leur plume au service du mystère, du suspense et du crime ! Ces nouvelles ne sont pas toutes des enquêtes policières, mais toutes proposent une énigme à la sagacité du lecteur. Que leur atmosphère soit bon enfant, confortable, noire ou franchement morbide, toutes les demeures de ce recueil recèlent de terribles secrets. Elles ont été le théâtre de vols, de meurtres ou de disparitions. Dans certains cas, un enquêteur prend l’affaire en main, permettant à la justice de triompher. D’autrefois c’est le hasard qui conduit à un heureux dénouement. Trois des nouvelles en revanche sont franchement tragiques et laissent peu d’espoir à leurs protagonistes.

Voici une brève présentation des six récits que François Rivière a rassemblés et préfacés dans cette anthologie.

  • « La boîte d’ébène » (Mrs Henry Wood). Pauvre Philip Cockermuth, mort dans la fleur de l’âge sans avoir profité de ses guinées durement amassées dans un coffret en bois. Retrouvé vingt ans plus tard, cet argent maudit n’a pas fini de jouer des tours aux paisibles habitants de la maison.

 

  • « Le fantôme de Fernwood » (Mary Elizabeth Braddon) L’auteure de cette nouvelle est la plus connue du public français d’aujourd’hui car plusieurs de ces romans ont été publiés récemment (« Les oiseaux de proie », « La trace du serpent »…). Elle est même présentée comme l’Agatha Christie de l’ère victorienne. Il est vrai que ce récit est particulièrement réussi, mais c’est aussi l’un des plus sombres du recueil. Malgré la fin – à mon sens – quelque peu prévisible, le lecteur sera forcément happé par l’ambiance gothique qui règne au manoir de Fernwood et intrigué par ses mélancoliques habitants.

 

  • « L’assassinat de Miss Pembmarsh » (Emmuska Orkzy). Dans cette nouvelle, un vieil homme assis dans un restaurant élucide un crime sordide simplement en lisant son compte rendu dans un journal. C’est bien entendu un précurseur du «détective en fauteuil », à la Miss Marple. Mais serez-vous aussi malins que lui ?

 

  • « Mon cauchemar » (Dorothea Gerard). Mais où est donc passé Baryuk, l’ordonnance du capitaine Stigler ? Cet homme si pointilleux aurait-il déserté ? Pourquoi néglige-t-il son service depuis plusieurs jours ? Pour le savoir, munissez-vous d’une torche, d’un cigare et de tout votre courage, puis suivez l’équipe d’enquêteurs.

 

  • « Condamnée à vie » (Georgina C. Clark) Une locataire sans nom au visage fané, un mystérieux coffre cadenassé et une confession rédigée à l’heure de l’agonie : tels sont les ingrédients de ce drame, l’un des plus cruels du recueil.

 

  • « Un sac noir sur le seuil » (Catherine Louisa Pirkis). Cette fois, la détective est une jeune femme, au physique certes banal mais à l’esprit acéré. Sa mission ? S’introduire dans la demeure de Lady Cathrow pour découvrir qui a dérobé les bijoux de cette dame. Une enquête bien menée et non dénuée d’humour.

 

Que vous soyez amateur de récits policiers ou passionné de littérature victorienne, vous passerez des moments palpitants en compagnie de ces reines du crime.

En couverture: une toile de James Tissot, "Reading the news" (détail).

En couverture: une toile de James Tissot, "Reading the news" (détail).

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“Passionnée de littérature classique et de littérature du monde, je partage avec vous mes dernières lectures.”

Rédigé par Bianca Flo

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