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Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #chez les victoriens

La drôle de vie de Monsieur Tout-le-monde

 

Faites la connaissance de Charles Pooter, père de famille, employé modèle et paisible habitant de la banlieue londonienne à la fin du XIXème siècle. Ce personnage n'a certes rien d'exceptionnel et pourtant, au fil des pages de son journal intime, il devient un héros attachant. Jour après jour, il nous livre ses occupations, ses tracasseries et ses menus plaisirs. C’est qu’entre son épouse Carrie, leur irresponsable de fils, leur bonne plutôt maladroite, des amis intrusifs et un patron exigeant, Charles Pooter n’a pas le temps de s’ennuyer. Lorsqu’il rentre de son bureau de la City, ce tranquille sujet aime s’adonner au bricolage, redécorer son intérieur ou flâner dans son jardin. Mais ces loisirs peuvent tourner court à cause d’une teinture au rabais ou d’un voisin mal intentionné. Sans parler du décrottoir qui se transforme en trappe des plus cocasses pour les invités du couple ! Nous suivons aussi les Poorter au bal de la Mansion House, en randonnée, au bord de la mer… Malgré les situations ridicules et souvent absurdes auxquelles il se confronte, notre héros tente –d’une manière parfois maladroite – d’agir avec dignité et honnêteté, conformément à son éducation. Ses seuls péchés mignons sont les calembours d’un goût douteux. Le journal de Poorter couvre environ un an et demi, période pendant laquelle il acquiert une nouvelle maison, envisage une promotion, loge son chômeur de fils et organise plusieurs soirées avec des amis. Vivre en Monsieur Tout-le-monde n’est décidément pas de tout repos !

Ce journal fictif est paru en 1888-1889 en feuilleton dans le « Punch », un célèbre magazine satirique de l’époque. Il est l’œuvre des frères Grossmith qui l’ont écrit et illustré ensemble. Cette petite série a connu un immense succès, car elle est à la fois ancrée dans le quotidien et d’une grande drôlerie. Au milieu d’évènements insignifiants apparaît un portrait touchant, celui de l’Anglais moyen, honnête et non dénué d’humour, auquel les Victoriens s’identifiaient aisément. Et le charme de cet humour "british" agit encore sur le lecteur d’aujourd’hui!

Critique libre: JOURNAL D'UN HOMME SANS IMPORTANCE (George et Weedon Grossmith)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans

Deuxième guerre mondiale à Ithaque

 

Attention: chef d’œuvre ! En 1942, alors que le monde est en guerre, le petit Ulysse contemple avec ravissement les trains qui passent derrière sa maison. Homère, lui, rêve de gagner la course du lycée d’Ithaca, tandis qu’il distribue des télégrammes en provenance du front. Quant à leur sœur Bess, elle improvise des concerts dans le salon familial, avec sa mère et sa meilleure amie. Tous ont perdu un père, Matthew Macauley – qui apparaît parfois à son épouse dans les moments décisifs. Tous attendent des nouvelles de Marcus, le fils aîné parti au front. Autour des Macauley, gravitent des personnages secondaires, aussi intéressants que pittoresques ; comme Grogan, un vieux télégraphiste porté sur la bouteille, ou encore Mr Ara, l’épicier arménien déraciné - qui incarne sans doute l’auteur.

 

Certes, la ville d’Ithaca ressemble à n’importe quelle petite bourgade des Etats-Unis, avec son école, ses boutiques et son bureau de télégraphe ; pourtant William Saroyan dépeint cette communauté avec une originalité et une tendresse hors du commun. Son écriture, simple, touchante, soucieuse du détail, rappelle quelque peu les romans de Steinbeck. A la fois ordinaire et unique, l’histoire des Macauley  évoque le quotidien des familles américaines pendant la guerre, un quotidien nourri d’espoirs et de deuils, une vie faite de mille petits riens et de grandes douleurs. Alors que le conflit le plus meurtrier de l’histoire fait rage, la comédie humaine continue. Ce roman, paru en 1943, a été récompensé par plusieurs prix littéraires. William Saroyan, Américain d’origine arménienne, est un auteur à découvrir !

Critique libre: UNE COMEDIE HUMAINE (William Saroyan)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #terreurs et revenants, #romans

"Je" est un autre

 

Arthur Lawford, le héros de cette histoire, est un père de famille blond et gras, en somme un Anglais des plus ordinaires … Jusqu’à ce fameux soir où, encore convalescent, il s’endort dans un cimetière sur la tombe d’un huguenot qui s’est suicidé. En rentrant chez lui, Lawford découvre que son visage a subi une métamorphose des plus surprenantes. Comment vont réagir ses proches ? Pourra-t-il retrouver son identité ? Et quelles sont ces voix qui résonnent de plus en plus fort dans sa tête ?

 

Maître du fantastique, le Britannique Walter de la Mare signe ici un roman d’une inquiétante étrangeté. Comme dans tous ses récits, l’auteur brouille abondamment les pistes et laisse au lecteur un important travail d’interprétation. De quoi déconcerter et fasciner à la fois ! Même si la fin du roman est loin d’être claire, il faut reconnaître que l’histoire semble intrigante et originale. Elle nous plonge dans les méandres d’un esprit possédé en jouant avec des peurs qui résonnent au plus profond de nous. Qui n’a jamais vu, dans un cauchemar nocturne, son apparence s’altérer ? On retrouvera ce même fantastique ambigu dans les nouvelles de Walter de la Mare (voir les recueils « Du fond de l’abîme » et « L’amandier »).

Critique libre: LE RETOUR (Walter de la Mare)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans

Petit chef d'oeuvre du romantisme allemand

 

Voici un roman léger comme une brise printanière, joyeux comme un chant d’oiseau, insouciant comme la liberté et aussi fou que l’amour.  C’est l’histoire d’un jeune homme qui aime rêver, paresser et aller au gré de sa fantaisie sans penser au lendemain. Chassé de la maison paternelle comme un propre-à-rien, notre héros prend la route de l’Italie, ce pays de la musique et des oranges géantes. En chemin, il traverse des villages, cueille des fleurs et des fruits et fait danser la compagnie au rythme endiablé de son violon. Mais qu’il dorme à la belle étoile ou à l’ombre d’un château, il ne peut oublier sa bien-aimée, une dame hélas trop belle et trop riche pour songer à un vaurien comme lui. A moins que le destin en décide autrement…

Chaque page de ce petit livre – publié en 1826 - est un enchantement. C’est un hymne à la liberté et au rêve, écrit dans un style aussi simple que poétique. Aristocrate romantique, le baron Von Eichendorff accorde une place prépondérante à la nature qu’il évoque en véritable peintre. Il décrit avec délices la vie de bohème, celle d’un jeune musicien qui rejette l’existence bourgeoise pour profiter des milles petits imprévus du destin. L’amour impossible pour une dame de condition supérieure est aussi un passage obligé de la littérature romantique. A cet idéalisme s’ajoute une dimension plus inquiétante : celle du trouble obsessionnel qui semble gagner peu à peu le personnage. Situations qui se répètent, figures doubles : notre héros va-t-il sombrer dans la folie ? Lisez ce roman merveilleusement onirique dont la fin réserve quelques surprises !

Critique libre: SCENES DE LA VIE D'UN PROPRE-A-RIEN (J. von Eichendorff)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #contes et nouvelles, #terreurs et revenants, #romans

On a toujours besoin d'un plus petit que soi.

 

Nous sommes à Francfort au début du XIXème siècle. A la mort de ses parents, Peregrinus Tyss s’enferme dans sa riche demeure pour y vivre dans le passé. Rêveur, timide et replié sur lui-même, le jeune homme éprouve surtout une crainte maladive envers les personnes du beau sexe. Pourtant un soir de Noël, alors que la tempête fait rage, Peregrinus fait une rencontre qui va bouleverser son destin, en le forçant à entrer enfin de plain-pied dans l’existence. Reste à savoir si ce monde-là est bien réel ou si c’est une fantasmagorie, l’un de ces rêves éveillé auxquels Tyss s’adonne avec plaisir. « En vérité, se dit-il, le plus extravagant des conteurs ne saurait imaginer circonstances plus folles ni plus embrouillées que celles que je viens réellement de vivre en l’infime espace de quelques jours. La grâce, le charme, bref, l’amour viennent au-devant d’un misogyne qui vit en ermite (…). Mais le lieu, le moment, tout ce qui entoure l’apparition de la séduisante inconnue reste si mystérieux qu’on croirait avoir affaire à quelque étrange sorcellerie ; et voilà que sur ces entrefaites, une créature minuscule et habituellement fort décriée fait preuve de science, de bon sens et même d’un pouvoir magique. » Car le personnage le plus étonnant de cette histoire est Maître Puce: non pas un humain quelconque affublé d’un surnom ridicule, mais bien le roi des puces, ce peuple miniature qu’un sorcier hollandais a réduit en esclavage pour les besoins de son spectacle de magie. Placé bien malgré lui sous la protection de Tyss, Maître Puce devient la conscience du jeune homme et lui offre une lentille magique permettant de lire les pensées les plus cachées du cerveau humain. Peregrinus pourra-t-il surmonter sa timidité et rencontrer enfin l’amour ?

Il y a un peu des "Mille et une Nuits" et des "Voyages de Gulliver" dans ce roman hoffmannien plein de fantaisie. C’est un assemblage bizarre qui tient du conte oriental sans rompre avec la terre allemande, ses tavernes et ses rues enneigées. Création hybride, l’histoire réussit pourtant à emporter l’imagination à travers des thèmes chers aux romantiques allemands, comme l’amour, la nature et le rêve. L’humour n’en est pas non plus absent grâce à la voix-off du narrateur; une légèreté qui étonne lorsqu’on connaît les circonstances de rédaction de l’ouvrage. Comment Hoffmann trouvait-il encore la force de plaisanter alors qu’une horrible agonie paralysait progressivement tout son corps ? En avril 1822, peu avant son décès à 46 ans, le grand conteur allemand livrait à la postérité ce dernier récit onirique.

Critique libre: MAITRE PUCE (E. T. A. Hoffmann)

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“Passionnée de littérature classique et de littérature du monde, je partage avec vous mes dernières lectures.”

Rédigé par Bianca Flo

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