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Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens

Portrait émouvant d’une lady de l’ancien temps

 

« Je suis une vieille femme maintenant et les choses ont bien changé depuis ma jeunesse. On voyageait alors en diligence avec six personnes à l’intérieur et l’on mettait deux jours pour accomplir un trajet que les gens font aujourd’hui en deux heures à grand renfort d’embarras et dans un fracas à vous rendre sourd. En ce temps-là, les lettres n’arrivaient que trois fois par semaine ; et même, dans certains coins d’Ecosse où j’ai séjourné dans mon enfance, il n’y avait de courrier qu’une fois par mois. Mais, alors, les lettres étaient des lettres ; on en faisait grand cas, on les lisait et on les étudiait comme des livres. Maintenant, la poste arrive bruyamment deux fois par jour, apportant de brefs messages, qui n’ont parfois ni commencement, ni fin, et se résument en une courte phrase dont les gens bien élevés n’oseraient pas user dans la conversation. Bon ! Bon !c’est peut-être le progrès ; au fond je le crois. Mais vous ne trouveriez pas aujourd’hui une seule lady Ludlow. Je vais essayer de vous faire faire sa connaissance. »

Dans ce roman au charme désuet, la narratrice, Margaret Dawson, se rappelle sa jeunesse auprès d’une dame de l’aristocratie terrienne, vers 1800. Lady Ludlow incarne toutes les valeurs de la noblesse, alors en déclin ; mais son passéisme ne va pas sans une grandeur d’âme. Dans une Angleterre bouleversée par la Révolution industrielle, saura-t-elle s’adapter au changement et améliorer le sort de ceux qui vivent sur ses terres ? Elizabeth Gaskell (1810-1865) est  l’une des plus grandes romancières de son temps ; elle brosse ici un portrait émouvant où la nostalgie se mêle à l’humour et à la tendresse. Chaque page est un délice et on est vite happé par l’atmosphère de cette petite communauté rurale, tiraillée entre tradition et modernité. La structure narrative est elle-même originale car elle comporte trois récits emboîtés : celui de Margaret Dawson, celui de Lady Ludlow et celui de Clément de Créquy, un aristocrate détruit par la Révolution française. C’est un roman à la fois triste et doux. Ceux qui ont aimé les dames de « Cranford » ne manqueront pas de faire la connaissance de Lady Ludlow, de Hanbury Court.

Critique libre: LADY LUDLOW (Elizabeth Gaskell)

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“Passionnée de littérature classique et de littérature du monde, je partage avec vous mes dernières lectures.”

Rédigé par Bianca Flo

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