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Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #un peu d'histoire, #chez les victoriens

"Dr Livingstone, I presume?"

 

Voici le récit d’une des plus fabuleuses aventures du XIXème siècle, une aventure qui a pour cadre l’Afrique des explorateurs et pour héros Stanley et Livingstone, deux voyageurs qui ont grandement contribué à la connaissance du « continent mystérieux ». Dans les années 1870, l’Afrique est encore méconnue des Occidentaux. On la considère comme « le tombeau de l’homme blanc » et seules les caravanes arabes s’aventurent dans ses régions équatoriales. C’est pourquoi la Royal Geographical Society de Londres y organise des expéditions, dans un but à la fois scientifique, commercial et humanitaire. C’est dans ce cadre que naît la légende du Docteur Livingstone. Médecin et missionnaire britannique, David Livingstone passe 30 ans de sa vie à explorer l’Afrique australe et centrale, notamment la région des grands lacs. On lui doit la traversée de l’Afrique d’Est en Ouest, la découverte des sources du Nil et des chutes Victoria. Ses conférences, sa lutte contre l’esclavage ainsi que sa compassion pour les indigènes lui assurent une vraie popularité en Europe comme en Afrique. Mais voilà qu’en 1866, Livingstone est porté disparu dans la région des lacs. Trois ans après, le journal américain « New York Herald » envoie un reporter à la recherche du grand homme. Ce journaliste n’est autre qu’Henry Morton Stanley, voyageur intrépide et auteur de ce récit. 


Au fil des pages, Stanley décrit les conditions matérielles d’une expédition en Afrique à cette époque. La logistique est très lourde car il faut emporter des tonnes de marchandises qui servent de monnaie d’échange avec les chefs locaux – sans « cadeaux » pas de laissez-passer ! De plus, les porteurs indigènes ne sont pas toujours fiables, au point que Stanley doit les enchaîner pendant la nuit pour éviter vols et désertions. Nulle route à l'horizon, tout au plus des pistes éphémères. L’expédition s’ébranle doucement à travers la savane, les montagnes et les forêts tropicales de Tanzanie. La soif, les fièvres et les guerres tribales font de nombreuses victimes parmi les hommes et les bêtes. Stanley raconte que sa tente est régulièrement tapissée d’insectes dangereux. Mais le paysage varié et la faune sauvage ne cessent de l’émerveiller. Comme beaucoup d’explorateurs européens, il apprécie la chasse et n’hésite pas à se mesurer à un zèbre ou à une girafe – alors que sa rencontre avec un éléphant reste pacifique. L’explorateur présente aussi les peuples indigènes rencontrés en décrivant leur apparence physique et leurs coutumes. Enfin, en novembre 1871, après huit mois de périple, il retrouve Livingstone bien vivant. Malade, abandonné par ses porteurs et à court de provisions, celui-ci s’est réfugié dans le village d’Ujiji, sur les rives du lac Tanganyika. Stanley raconte que malgré sa jubilation intérieure, il a salué le grand homme avec un flegme très « british » - « Docteur Livingstone je suppose ? »-, sans laisser paraître son émotion. Après quelques mois de travaux en commun, Stanley et Livingstone se séparent, ce dernier refusant de quitter l’Afrique avant d’avoir achevé ses recherches sur l’hydrographie de la région. Livingstone mourra deux ans plus tard de la fièvre, à Ujiji, et son cœur sera conservé sur place par ses amis indigènes. Stanley, lui, se forgera une solide réputation d’explorateur. Même si certains ont douté de la véracité de ses écrits, son voyage a fait sensation et les carnets que lui a confiés Livingstone ont été authentifiés par le fils du missionnaire. Par la suite, Stanley se mettra au service de Léopold II pour conquérir le futur Congo belge. Il deviendra un expert incontesté de l’Afrique et écrira d’autres récits de voyage (« Au cœur du continent mystérieux », « Dans les ténèbres de l’Afrique »).

Cette lecture intéressera certainement les amateurs de récits d’aventures. Ce sont des pages passionnantes et non dénuées d’humour – des situations cocasses surviennent par exemple en raison du décalage culturel entre Européens et indigènes. Elles permettent de comprendre les mentalités européennes à la fin du XIXème siècle, mentalités qui aboutiront inexorablement au partage de l’Afrique et à la colonisation. Mais ce récit fait aussi partie d’une grande épopée, d’une aventure haute en couleurs comme il n’en existe plus de nos jours. Notez que Babel propose une version abrégée du livre de Stanley - moins de 300 pages, contre plus de 600 pour la version intégrale publiée chez Hachette BNF.

Critique libre: COMMENT J'AI RETROUVE LIVINGSTONE (Henry Morton Stanley)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens, #terreurs et revenants

Terreur rampante

 

Alors qu’il cherche un abri pour la nuit, Richard Holt, un vagabond, pénètre dans une maison qui lui semble vide. Il est alors loin d’imaginer les horreurs qui l’attendent dans cet antre du démon. « Le scarabée » est une histoire de malédiction égyptienne, thème cher à de nombreux auteurs fantastiques. Mais si la créature qui hante ces pages est terrifiante, c’est parce qu’elle n’a rien de conventionnel ; son sexe et sa nature même demeurent indéfinis. Pourtant le politicien Paul Lessingham semble entièrement en son pouvoir. Quel mystère recèle le passé de ce grand homme ? Pourra-t-il protéger sa fiancée des monstrueuses apparitions du scarabée ? A l’aide d’un savant et d’un détective privé, Lessingham s’engage dans une lutte sans merci contre la créature et contre ses propres démons.

A la fois récit policier et roman d’horreur, « Le scarabée » a rencontré un immense succès lors de sa parution en 1897. On l’a comparé à juste titre au « Dracula » de Bram Stoker, publié la même année. Il rappelle aussi par certains aspects les œuvres d’Edgar Poe. C’est un livre plein d’atrocités, tant physiques que psychologiques, mais plus suggérées que décrites. Et c'est précisément cette ambiguïté donne toute sa force au roman. Le récit est mené successivement par les différents protagonistes, ce qui permet de construire un suspense efficace. En somme, voici un roman en avance sur son temps et réjouissant pour les amateurs de littérature fantastique !

Critique libre: LE SCARABEE (Richard Marsh)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #contes et nouvelles, #policiers

Les indiscrétions d'un Sherlock Holmes en jupons

 

Voici les aventures de Judith Lee, jeune Anglaise de la Belle Epoque qui devient détective malgré elle. Notre héroïne possède en effet un don plutôt rare, voire embarrassant : celui de lire sur les lèvres des personnes qu’elle croise. Ce talent, elle l’a développé au cours de sa carrière de professeur dans une école pour sourds-muets. Mais avec de telles capacités, on ne peut mener une vie de tout repos. Qu’elle soit en vacances, au restaurant ou simplement dans la rue, Judith est témoin d’étranges confidences. Et lorsque celles-ci tournent autour d’un crime, notre enquêtrice se doit d’intervenir. Dotée d’une singulière audace et d’un tempérament hors norme, Judith Lee affronte toute sorte de malfaiteurs – de l'escroc au serial killer, en passant par le mafieux, sans oublier le cambrioleur et l’anarchiste. 

Publiées dans des revues britanniques en 1911 et 1912, les aventures de Judith Lee sont toujours entraînantes et pleines d’humour. Elles doivent leur succès à la personnalité originale de l'héroïne. L’auteur a imaginé un personnage résolument anticonformiste, en rupture avec l’idéal féminin de son temps. Car Judith pratique les sports de combat et n’envisage aucunement de prendre mari. De quoi faire rire le lecteur de la Belle Epoque ! Connu pour ses romans fantastiques – dont le plus célèbre est « Le scarabée »-, Richard Marsh appartient à une génération qui appréciait les conteurs véritables. En quelques lignes, il parvient à captiver le lecteur dans des registres aussi variés que le policier, l'horreur ou le comique. Un second volume - intitulé "Les aventures de Judith Lee" - va bientôt paraître chez ce même éditeur. Encore un excellent divertissement en perspective!

Critique libre: LES ENQUETES DE JUDITH LEE (Richard Marsh)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens

Le secret du voyageur africain

 

Tome 1

Non loin du château de Roxborough, enfoui dans les bois de Sir Gaspard Denison, se trouve l’Ermitage, lugubre demeure qui fut autrefois le théâtre d’un crime passionnel. A triste aspect, triste réputation ; c’est pourquoi la maison reste le plus souvent inoccupée. Mais voilà qu’un soir d’automne un locataire des plus inhabituels débarque à l’Ermitage. Si George Pauncefort est sans aucun doute un gentleman, son passé ne laisse pas d’intriguer. On dit qu’il a consacré quinze ans de sa vie à parcourir l’Afrique centrale. Mais ces voyages ont-ils fait sa fortune ou l’ont-ils ruiné, comme le suggèrent ses habits râpés et son serviteur unique ? Et pourquoi fuir si obstinément la société ? La seule famille dont Pauncefort accepte l’hospitalité est celle de Sir Gaspard Denison, son propriétaire. Peu à peu, des liens tendres se nouent entre le mystérieux locataire et Marcia Denison, fille de Sir Gaspard. Mais même si George Paunceford n’a que 38 ans, rêver d’amour lui est interdit… 

 

Tome 2 

Dans ce deuxième tome, le mystérieux locataire dévoile son histoire au moyen d’une longue lettre adressée à sa bien-aimée. Sa misanthropie, son refus d’aimer, tout s’explique par un lourd secret enfoui dans son passé. Marcia et George Pauncefort finiront-ils par se retrouver ? Sir Gaspard découvrira-t-il la duplicité de Blanche Harding, une aventurière qui vit sous son toit ? 


Mrs Braddon et le "sensation novel"

Publié en 1865 sous forme de feuilleton, « Sir Jasper’s tenant » est un roman à suspense qui mêle coups de théâtre et sentiments. Dans la lignée de Wilkie Collins – qu’elle reconnaît d’ailleurs comme son maître en littérature – Mrs Braddon est une spécialiste du « sensation novel », un genre très populaire dans l’Angleterre victorienne. Auteure d’une centaine de livres, cette femme de lettres est parmi les plus prolifiques de son époque ; mais l’œuvre qui l’a rendue célèbre est sans conteste « Le secret de Lady Audley » (1862), véritable thriller du XIXème siècle.

Ecrivain à succès, Mary Elizabeth Braddon était aussi actrice et mère de famille. Le ménage anticonformiste qu'elle forme avec un éditeur marié a fait scandale, mais ses talents littéraires finissent par l’imposer dans la bonne société – après un mariage légitime en 1874. Tous ses romans sont de petits chefs d’œuvres de suspense. Outre l’intrigue bien ficelée, on appréciera ses descriptions souvent romantiques, ses personnages vivants et le style entraînant déployé à chaque page. Les contemporains de Mrs Braddon ont d’ailleurs souligné la facilité déconcertante avec laquelle elle maniait la plume. C’est sur une table de cuisine, dans le joyeux brouhaha de ses six enfants qu'elle a rédigé la plupart de ses romans! Lire un roman de Mrs Braddon, c’est suivre une intrigue passionnante et se plonger dans l’atmosphère raffinée de l’époque victorienne, le tout servi par une écriture de qualité. Un pur bonheur!

 

 

Critique libre: LE LOCATAIRE DE SIR GASPARD (Mary Elizabeth Braddon)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #terreurs et revenants

Summum de l'horreur psychologique

 

Ecrivain en manque d’inspiration, Paul Orléans emménage dans une maison lugubre louée pour un prix dérisoire. Il espère finaliser ici son chef d’œuvre en donnant corps à Romilly, l'héroïne de son roman. Mais voilà que la maison se met à donner des signes inquiétants, … à moins qu’il s’agisse de l’imagination exaltée de son occupant. Mais pourquoi Orléans se met-il à chanter un refrain en vogue avant sa naissance ? Et quelle est cette longue chevelure qui se reflète de nuit dans le miroir de la chambre à coucher ? Ainsi, ce qui devait être une paisible retraite vire bientôt au cauchemar. Dans cette maison de l'effroi, Orléans se coupe peu à peu du monde. Il y perdra son art, sa raison et son unique amie. 

Cette novella, publiée en 1911 dans un recueil fantastique, est un récit aussi envoûtant que perturbant. Oliver Onions y renouvelle avec un talent rare le thème de la maison hantée pour atteindre le summum de l’horreur psychologique. Toute la force de cette histoire provient des nombreuses interprétations qu’elle autorise. S’agit-il d’une hantise classique ou d’un cas de possession ? Le personnage est-il confronté à un démon féminin ou plutôt habité par sa Muse? Est-il en proie à un délire schizophrène ? Difficile de trancher, car les manifestations surnaturelles ne sont que suggérées par petites touches. Onions explore magistralement les liens entre création et folie ; il nous entraîne dans la déchéance physique et morale d’un artiste, jusqu’au coup de théâtre final. Ce court roman (120 pages) est considéré à juste titre comme le chef d’œuvre d’Oliver Onions, écrivain britannique féru de fantastique. L’histoire est construite avec une efficacité diabolique et ne peut manquer de mettre mal à l’aise le lecteur. Je la conseille à ceux qui ne reculent pas devant un récit terrifiant.

Critique libre: LA BELLE QUI VOUS FAIT SIGNE (Oliver Onions)

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“Passionnée de littérature classique et de littérature du monde, je partage avec vous mes dernières lectures.”

Rédigé par Bianca Flo

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