Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #littérature nordique

L'odyssée d'un montreur d'ours

 

Oskar Huuskonen, pasteur dans la campagne finlandaise, est en pleine crise de la cinquantaine. Personnalité excentrique, il exerce son ministère selon des méthodes peu orthodoxes et ne se refuse pas quelques aventures extraconjugales pour tromper son ennui. C’est que la vie n’est pas toujours rose entre une épouse aigrie et des villageois sans envergure. Mais il y a pire : le pasteur Huuskonen sent qu’il a perdu la foi !

C’est alors qu’un évènement – surgi tout droit de la forêt ! - vient bouleverser le train-train de la paroisse. Un trio d’ours s’égare aux abords du village, provoquant une panne électrique et la mort par électrocution de la restauratrice locale. La maman ourse est morte dans l’accident, mais que faire de l’ourson mâle ? Ce serait un cadeau idéal pour les 50 ans du pasteur, se disent les paroissiens. Aussitôt dit aussitôt fait : le jour de son anniversaire, Oskar Huuskonnen se retrouve avec une créature hirsute sur les bras, un ourson de la taille d’un petit chien, baptisé Belzéb ! A cause de ce cadeau en chair et en poils, la vie du pasteur va prendre une tournure vraiment inattendue. Tout ce qu’il a construit jusque-là est brusquement remis en question. Le voilà qui délaisse son foyer pour hiberner dans une tanière avec son ourson et une jeune scientifique pleine d’attraits. Ses prêches deviennent de plus en plus provocateurs et, aux activités pieuses, il préfère désormais le javelot ascensionnel – sport local qui se pratique dans un puits ! Le pasteur aurait-il perdu la tête ? Recevant un congé forcé de la part de ses supérieurs, il décide de tout quitter, en compagnie de sa petite amie et de son ours.

Commence alors une longue odyssée qui mènera nos héros de la Baltique à la Mer noire et de la Méditerranée à l’Atlantique. Un véritable tour d’Europe riche en péripéties. Entre temps, le petit Belzéb a grandi pour devenir un splendide ours domestique. Il sait maintenant utiliser les toilettes, repasser des chemises et même faire des signes de croix avec toutes les apparences de la dévotion. Au cours de ces voyages, Huuskonen, vit au jour le jour, suit son instinct et accomplit la plupart de ses rêves. Finie la routine. Il gagne désormais sa vie comme montreur d’ours, visite des lieux insolites comme les îles Solovki, se lie avec des personnages non moins insolites – tels un vendeur ambulant de saunas – et s’adonne à l’astronomie dans l’espoir de communiquer avec les extraterrestres. Cette errance loin de tout, au contact de la nature, lui permet de redonner un sens à sa vie et de renouer avec ses racines, puisque c’est en Laponie que s’achève le grand périple.

Ce roman, plein d’humour et de fantaisie, a quelque chose d’un conte à la finlandaise. Comme « Le lièvre de Vatanen », c’est une belle histoire d’amitié entre un homme et son animal, et comme dans ce précédent roman Paasilinna y évoque un retour à la Nature, nécessaire à l’homme moderne pour se retrouver. Sous des dehors légers, farfelus, voire un peu absurdes, ce livre pose des questions essentielles relatives à la liberté et à la signification que chacun peut donner à sa vie, à condition d'avoir un peu de courage.

Critique libre: LE BESTIAL SERVITEUR DU PASTEUR HUUSKONEN (Arto Paasilinna)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens

Vendetta dans l'Angleterre victorienne

 

 L'héroïne de ce roman est Eleanor Vane, une jeune fille au caractère bien trempé qui adore son vieux père. Pourtant George Vane n'est en rien un modèle parental: autrefois très riche, il a ruiné sa famille par un train de vie extravagant et, malgré son grand âge, il fréquente toujours les tables de jeux. Le roman commence sur d’heureuses retrouvailles. A sa sortie de pension, Eleanor se rend à Paris où son père s'est exilé pour fuir des créanciers. Là, en compagnie de Mr Vane, elle visite les lieux les plus divertissants de la capitale. Mais cette découverte de Paris tourne court car, peu après, le père d'Eleanor disparaît dans un tripot avec l'argent destiné à la poursuite d'études de sa fille. Lorsqu'on le retrouve, il vient de se donner la mort, rongé par la culpabilité. Dès lors, l'orpheline n'aura plus qu'une seule obsession: venger son père en retrouvant le joueur qui l'a dépouillé de son argent. En vue de ce projet, Eleanor mène l’enquête avec l’aide de son ami Dick. Le destin finira par mettre sur leur route l'homme tant recherché, et cela dans des circonstances surprenantes. Cet individu dont notre héroïne n’avait jamais vu la figure s’avère être un membre de son entourage. Eleanor choisira-t-elle de le traquer en sacrifiant ses amis, sa fierté et même son bonheur conjugal ?

 

Comme toutes les œuvres de Mrs Braddon (1835-1915), ce roman se lit très rapidement en raison d'une écriture fluide et entraînante. L'intrigue est bien ficelée; elle progresse à un bon rythme grâce à de nombreux rebondissements. Quant aux personnages, ils forment une petite société très vivante : il y a Dick, le peintre de décors, aussi crasseux que dévoué, Laura Mason, la compagne écervelée d’Eleanor, Launcelot Darell, le beau gosse pervers… et toute une galerie de personnages secondaires.

Hélas, la fin est plutôt artificielle ; c’est un happy end moralisateur peu en accord avec la psychologie de l’héroïne. De plus, il y a des coïncidences un peu trop extraordinaires pour être vraisemblables ; mais ces procédés caractérisent tous les romans populaires du XIXème, y compris ceux du grand Dickens. Ce roman procure en tout cas de très agréables moments de lecture. Je le recommande aux amateurs de mystères et à ceux qui recherchent un livre divertissant.

Critique libre: LE TRIOMPHE D'ELEANOR (M. E. Braddon)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #terreurs et revenants

Un réveillon avec La Grande Faucheuse

 

Nous sommes en Suède vers 1900. Dans un parc mal éclairé, David Holm, alcoolique déchu, s'apprête à passer la nuit à la belle étoile avec ses compagnons de beuverie. Mais cette nuit n'est pas comme les autres: c'est celle de la Saint Sylvestre. A cette occasion, les ivrognes se racontent une légende selon laquelle le dernier trépassé de l'année doit conduire pendant un an le chariot de la mort. Bientôt transi de froid et presque inconscient, David sent ses dernières forces le quitter. C’est alors qu’il entend dans le lointain un sinistre grincement de charrette. Le cocher funèbre vient-il déjà pour l'emporter? Sa vie, David n’en a pas fait bon usage, il a même gaspillée et maintenant tout est fini. A moins qu’une deuxième chance ne lui soit offerte…

« Le cocher » est à la fois un chef d’œuvre du fantastique et une histoire de rédemption, dans une perspective chrétienne chère à l’auteure. Comme dans ses autres romans, Selma Lagerlöf y évoque de manière très émouvante les aspirations les plus nobles du cœur humain ; elle nous entraîne dans un monde onirique où se mêlent les légendes païennes, les forces de la nature et la grandeur divine. Pourtant, « Le cocher » occupe une place particulière dans cette œuvre : c’est un conte spectral, angoissant et plutôt cruel. En somme, le récit le plus sombre jamais écrit par Selma Lagerlöf.

Cette immense femme de lettres suédoise (1858-1940) a obtenu le prix Nobel et sa célébrité est telle qu’elle figure sur les billets de banque de son pays. En France, elle est surtout connue pour « Le merveilleux voyage de Nils Holgersson », un classique de la littérature enfantine; mais ses écrits destinés aux adultes sont autrement plus riches et plus profonds. Mes préférés sont "L'empereur du Portugal", "Le banni" et "Le violon du fou", trois romans inoubliables!

Critique libre: LE COCHER (Selma Lagerlöf)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #contes et nouvelles

La revanche des bestiaux serviteurs de l’homme

 

Dans ce recueil de nouvelles (1975), Patricia Highsmith donne toute la mesure de son talent en combinant ses deux obsessions majeures: la criminalité - sujet qui la fascine depuis l'adolescence - et les animaux.

Ces histoires sont destinées à un public averti; ce ne sont en rien des contes pour enfants! On y trouve un étonnant mélange de cruauté, de tristesse et d'humour noir. Mais en tout cas la fantaisie n'en est jamais absente et on ne peut qu'être fasciné par l'imagination, l'ingéniosité quasi diabolique que déploie l'auteure au fil des pages.

Chaque nouvelle a pour héros un animal, qu'il soit domestique ou "sauvage", et dans presque tous les cas, il est menacé - ou se juge tel - par les comportements humains. Le point de vue adopté est en général celui de l'animal, mais Mrs Highsmith évite le piège du misérabilisme bien-pensant adopté par certains défenseurs des animaux. Ici nous sommes en présence de bêtes révoltées qui vont agir, souvent de manière fort surprenante. Pour échapper à leur statut de victimes, ils deviennent bourreaux, parfois de manière préméditée, parfois en toute innocence, avec l'aide du destin. Chaque nouvelle est un chef d'œuvre de suspense. Le style est simple, mais l'auteure va à l'objet avec un art consommé. De plus,  P. Highsmith réussit un tour de force: celui de varier considérablement l'atmosphère d'un récit à l'autre, de sorte qu'il est impossible de s'ennuyer un seul instant. Sitôt une nouvelle achevée, on en redemande!

Voici un petit aperçu de ce qui vous attend dans ce recueil sur la criminalité animale.

° "La dernière proie de Ming" est l'histoire d'un chat de luxe jaloux du fiancé de sa maîtresse. Estimant que cet individu menace sa vie de rêve, le diabolique félin décide d'éliminer l'intrus.

° « La vengeance de Djamal » se passe dans le désert, puisque le héros n’est autre qu’un chameau.

° « Eddie, le singe passe-partout » nous entraîne dans une histoire rocambolesque de cambriolage, jusqu’au moment où l’animal ainsi instrumentalisé prend enfin sa revanche.

° Dans « Harry le Furet », le plus cher compagnon d’un adolescent devient un meurtrier sanguinaire.

° Quant au "Rat de Venise", la nouvelle-titre, c’est l’un des plus cruels, des plus sordides récits du recueil, l’histoire d’un rat d’égout qui se bat pour survivre et dont le destin croise un jour celui d’une joyeuse famille italienne.

L’ouvrage comporte huit autres nouvelles où l’on rencontre entre autres un chien, un éléphant de cirque, une vieille jument, des hamsters, un cochon chercheur de truffes et même un cancrelat !

Le monde animal, Patricia le connaît bien. Elle s'intéresse très tôt à la zoologie, puis s'entoure de compagnons à poils et à plumes toute sa vie durant. D'ailleurs lorsqu'elle posait pour les photographes, c'était souvent en compagnie de ses chats favoris. Cet amour des animaux transparaît dans chacune de ces histoires qui sont, à leur façon, autant de plaidoyers brillants contre la bestialité de l’homme.

Critique libre: LE RAT DE VENISE ET AUTRES HISTOIRES DE CRIMINALITE ANIMALE (Patricia Highsmith)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens, #Wilkie Collins

Sombre affaire pour la dame blanche

 

Tout commence par une nuit de pleine lune, lorsque Walter Hartright, jeune professeur de dessin, croise sur la route de Londres une apparition fantomatique. Une femme vêtue de blanc surgie de nulle part, lui demande son chemin vers la ville, puis elle disparaît dans un cabriolet après avoir supplié Walter de garder le secret. Peu après, le jeune homme découvre que cette dame s'est échappée d'un asile d'aliénés.

Coïncidence étrange, la femme en blanc a parlé du Cumberland et c'est justement dans cette région que Walter se prépare à rejoindre ses nouvelles élèves. Il a été engagé par Frederic Fairlie, propriétaire de Limerick House, pour enseigner l'aquarelle aux nièces de celui-ci. C'est alors que naît une histoire d'amour impossible. Notre modeste professeur de dessin s'éprend de son élève, Laura Fairlie, belle et riche héritière, qui de plus est fiancée! Il se lie aussi d'amitié avec la demi-soeur de Laura, Marion Halcombe, jeune femme un peu trop indépendante pour l'époque mais dotée d'immenses qualités de cœur. Apprenant que la femme qu'il aime est promise à Sir Percival Glyde, un baronnet d'âge mûr, Walter quitte Limerick House, la mort dans l'âme. Et dans son désespoir, il ne tarde pas à pas à s'embarquer pour un voyage périlleux en Amérique centrale.

Entre temps, une lettre anonyme a mis en garde Miss Fairlie: elle ne doit surtout pas épouser son fiancé, car celui-ci dissimule un terrible secret et fera le malheur de sa femme. Mais qui a écrit cet avertissement effrayant? Les enfants du village affirment avoir vu une silhouette toute blanche errer près de la tombe de feue Mrs Fairlie, la mère de Laura et de Marion.

La suite de l'histoire est un angoissant thriller en même temps qu'une véritable enquête. Quel est le secret inavouable de Sir Percival? Et Pourquoi le Comte Fosco, cet Italien aux manières doucereuses, exerce-t-il une telle influence sur lui? La dame en blanc possède peut-être quelques renseignements, mais où a-t-elle disparu? Enfermées, menacée et trompées, Laura Fairlie et Marion Halcombe vivront des moments terrifiants dans la demeure de Sir Percival. Comme souvent dans son oeuvre, Wilkie Collins prend ici un parti féministe en dénonçant les maltraitances conjugales et les abus de pouvoir du mari. L'intrigue qui se noue ainsi est extrêmement complexe et difficile à résumer en quelques mots. On peut en tout cas affirmer, sans déflorer l'histoire, que le suspense y est omniprésent, qu'on va de rebondissement en rebondissement et que les deux méchants n'en finissent pas de se rendre haïssables. La violence et la fourberie de Sir Percival ne sont rien comparées au caractère machiavélique de Fosco. Ce personnage est probablement l'un des plus marquants de l'œuvre de Collins. Amateur d'oiseaux et de souris blanches - qu'il traite "comme des enfants baptisés"-, passionné de musique, de gilets clinquants et de pâtisseries, le Comte est à première vue un innocent gentleman quelque peu excentrique. Mais en réalité c'est un scélérat gras! Cela ne manque pas de choquer les lecteurs de l'époque, car l'embonpoint est alors associé à une certaine bienveillance!

Qu'on se rassure, il y aura un happy end grâce au retour de Walter et à l'intrépidité de Miss Halcombe, mais les nerfs du lecteur seront mis à rude épreuve plus d'une fois!

Ce roman est un tournant dans l'œuvre de Collins: il y développe pour la première fois un récit sous forme de témoignages, ce qui donne de l'authenticité à la narration et un caractère très vivant aux personnages. Dans la préface à l'édition française il explique que cette méthode lui est venue à l'esprit après avoir assisté à un procès. Comme plus tard dans "La pierre de lune", l'intrigue est ici relatée par plusieurs narrateurs - une bonne dizaine! - dont certains s'expriment plus longuement que les autres. En présentant à tour de rôle leurs points de vue, tous laissent transparaître leurs traits de caractère et leurs manies. La nonchalance toute égoïste de Frederic Fairlie, le ton de vanité satisfaite adopté par Fosco, le dévouement de Marion Halcombe et les confessions teintées de romantisme de Walter, tout cela créé une prodigieuse variété dans le cours du récit!

Cette œuvre a rencontré un si vif succès lors de sa parution en feuilleton, que de nombreux lecteurs ont écrit à Collins pour le supplier d'épargner la vie de ses héroïnes alors qu'une crise du roman les menaçait. D'autres, persuadés que le personnage de Miss Halcombe s'inspirait d'une personne vivante, sont allés jusqu'à la demander en mariage à Collins par lettres! Des paris ont même été lancés en Angleterre et en Amérique concernant le secret de Sir Percival! Un tel engouement est à mon avis justifié, et il est vrai que ce chef d'œuvre n'a pas pris une ride. En dire davantage serait gâcher le suspense. A vous de partir sur les traces de la dame en blanc, si vous en avez le courage.

Critique libre: LA DAME EN BLANC (Wilkie Collins)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #contes et nouvelles

"C'est mon chat qui porte la culotte."

En choisissant de devenir peintre, Lancelot Mulliner se brouille avec son oncle, un ecclésiastique aussi riche qu'ennuyeux. Mais lorsque le Doyen Mulliner est envoyé en mission en Afrique, son rebelle de neveu accepte de recueillir le chat du saint homme, espérant une réconciliation - et peut-être même, qui sait, un héritage!

C'est alors qu'entre en scène Webster, un matou noir peu ordinaire qui va bouleverser du tout au tout les habitudes du jeune artiste. C'est que "Webster est tout à fait différent. Webster a une dignité naturelle et des manières sereines. Webster est un chat qui s'enorgueillit d'être toujours élégant; ses principes élevés et ses nobles idéaux rayonnent dans ses yeux comme des phares..." Bref, Webster a tout d'un dignitaire ecclésiastique, avec quelques poils en plus. Finie la vie de bohème! L'étrange félin exerce une influence sans limites sur son maître, au point que celui-ci se met à se raser tous les jours, surveille son langage et ne paraît plus au dîner sans porter un habit approprié. Quant à Gladys Bingley, la petite amie délurée de Lancelot, il n'en est plus question! "Il venait d'apercevoir l'extrémité d'une queue noire sortant de sous le canapé. Elle s'agitait un peu convulsivement, et Lancelot pouvait y lire comme dans un livre. Il savait que Webster venait de condamner sa fiancée sur la mine, la jugeant frivole et méprisable, et cela l'emplissait d'une douloureuse consternation." Webster envisage désormais un parti bien plus souhaitable: l'aristocratique Brenda Carberry-Pirbright!
Et il fera tout pour arranger le  mariage de Lancelot à sa convenance.

Dans cette nouvelle, on retrouve l'inimitable humour de P. G. Wodehouse, créateur de Jeeves, le plus parfait des valets. Ici, il s'agit d'une histoire de mutation de personnalité, et peut-être même de possession, si l'on envisage cela sous l'angle fantastique. La fin est aussi comique que surprenante. C'est, avec le "Tobermory" de Saki, l'un des meilleurs récits ayant un chat pour héros!

Critique libre: WEBSTER LE CHAT (P. G. Wodehouse)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #biographies
Il faut souffrir pour être un Dieu du sport!    

 

Dans ses mémoires publiés en 1996, le champion Kazuhiro Kirishima évoque son long et difficile parcours pour devenir sumotori.

Ce livre est intéressant à plus d'un titre. Pour commencer, il immerge le lecteur dans la culture japonaise en le familiarisant avec ce sport ancestral.
Au Japon, les sumotori font en effet l'objet d'un véritable culte, un peu comme des dieux vivants. Les termes techniques sont bien expliqués et même sans connaissances préalables, on comprend parfaitement les règles de ce sport, le fonctionnement des tournois, le quotidien et les mentalités de ceux qui y participent

D'autre part, grâce au caractère autobiographique, on prend connaissance d'un parcours individuel. Kirishima raconte ses entraînements épuisants jusqu'à la douleur, son combat de tous les jours pour prendre du poids (!) et l'adrénaline pendant la lutte: car sur le "dohyo" - piste de combat-, tout se joue généralement en quelques secondes. Nous suivons l'ascension de ce grand champion, mais il nous fait également part de ses doutes et finalement de son déclin - qu'il reconnaît avec courage -, un déclin qui le conduit à se retirer peu après la publication de ce livre.

C'est donc un témoignage passionnant et rare sur un homme qui cherche sans cesse à se dépasser par amour du sport. Je vous le recommande vraiment.

Critique libre: MEMOIRES D'UN LUTTEUR DE SUMO (Kazuhiro Kirishima)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #biographies, #quiz et jeux

Un livre qui a du mordant!

Comment un bipède « civilisé » peut-il cohabiter avec des bêtes féroces et même communiquer avec elles ? Dans cette autobiographie très nature, Shaun Ellis, plus connu sous le nom d'"homme-loup", explique sa relation avec ces animaux fascinants.

Né dans la campagne anglaise dans les années 1960, Shaun est dans son enfance déjà très proche des animaux. Il nous raconte d'une manière passionnante ses premières impressions dans la nature, sa relation privilégiée avec ses chiens et les nuits qu'il passait à observer les renards alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon.

La suite de sa vie est placée sous le signe de l'aventure. Après un emploi de garde-chasse et un passage dans l'armée, il devient dresseur de chiens, puis part pour un grand voyage dans l'Ouest des Etats-Unis où il rencontre les Nez-Percés, des Amérindiens familiers des grands espaces. C'est là, dans le parc de Yellowstone, qu'il tentera l'expérience la plus ultime de son existence: vivre au milieu d'une meute de loups sauvages, en pleine forêt, loin de toute civilisation. Mais pour s'intégrer à la meute, notre aventurier doit lui-même devenir un loup! Et quand il s'agit de vivre sa passion, il n'y a pas de sacrifice trop grand à ses yeux. Après une longue phase d'approche où il connaît la faim et le froid, Shaun parvient enfin à nouer des liens avec un groupe de loups jamais approchés par l'homme. Pour cela, il apprend à manger de la viande crue, à s'accroupir et à hurler comme un animal et à garder les mêmes vêtements pendant des mois pour que les bêtes puissent le reconnaitre à son odeur. Il accepte aussi de se faire mordre et respecte la hiérarchie instituée dans la meute par le mâle alpha.

Shaun Ellis est le premier homme qui a poussé aussi loin l'expérience au nom de sa passion. Il nous raconte les souffrances endurées, mais aussi les enseignements que lui a apportés cette régression vers l'animalité. La vie avec ces grands carnivores à l'état de nature lui a permis d'observer leur comportement: la hiérarchie, les techniques de chasse, les soins prodigués aux louveteaux et leur apprentissage de la vie au sein du clan.

M. Ellis est devenu ainsi un célèbre comportementaliste, même si cela lui a valu des problèmes de santé et une certaine incompréhension de la part de ses fères humains. A l'issu de cette aventure, il s'est procuré sa propre meute de loups, élevée en semi-liberté, pour poursuivre son travail d'observation et réapprendre aux jeunes loups la vie sauvage. Ce sont de véritables liens d'amitié qui le lient désormais à ses fauves. Il y a les dominants, les joueurs et les chouchous qu'il a envie de protéger -comme ce louveteau gris qu'il a récupéré avec la mâchoire fracturée. M. Ellis en parle véritablement comme de sa famille! Grâce à son travail, plusieurs problèmes liés aux loups ont trouvé des réponses. Il remarque par exemple que les loups élevés en captivité se reproduisent difficilement et font preuve d'une agressivité anormale entre eux. Pour résoudre ces difficultés, il utilise des enregistrements qui diffusent des hurlements de loups, pour faire croire à une meute rivale. Shaun Ellis s'est aussi rendu en Pologne afin de comprendre le phénomène des loups mangeurs d'hommes et de troupeaux. Aujourd'hui âgé de 48 ans, il continue son activité au Royaume-Uni en tant qu'éducateur de loups et de chiens. Son principal objectif est de mieux faire connaître le loup, cette espèce menacée et souvent mal jugée par l'homme.

Ce livre est plus qu'indispensable pour qui s'intéresse au comportement animal. Que l'on soit passionné par la vie sauvage ou simplement désireux de comprendre la psychologie de son chien, l'expérience de Shaun Ellis apporte forcément quelque chose. Il explique avec une grande clarté les mécanismes de la vie de meute. De plus, c'est un ouvrage très bien écrit, palpitant, touchant, et même par moments poétique. Plutôt d'actualité en cette période de prise de conscience écologique!

 

Mais au fait, connaissez-vous ce fauve aux longs crocs qui a longtemps hanté nos forêts? Pour le savoir, faites le test en suivant le lien plus bas.

Critique livre: UN HOMME PARMI LES LOUPS (Shaun Ellis)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans

Un majordome presque parfait!


Le narrateur de ce livre, Bertram Wooster, est un jeune aristocrate anglais écervelé, oisif mais fort sympathique. Lorsqu'il ne perd pas son argent aux courses, Bertie aime traîner à son club, s'empiffrer dans de luxueux restaurants ou s'offrir un petit séjour à la campagne dans les villas de ses riches amis. Ce serait une existence sans nuages si le jeune homme ne passait pas son temps à se mettre dans l'embarras! Avec son meilleur ami Bingo, l'éternel amoureux éconduit, Bertie multiplie les péripéties cocasses. Et quand les jumeaux Eustache et Claude s'en mêlent, tout peut arriver. Heureusement, Jeeves le majordome est là pour veiller sur son maître. C'est non seulement un valet modèle - le genre à servir un thé ni trop chaud, ni trop froid, ni trop sucré, ni trop laiteux - mais aussi un véritable cerveau, un génie de la débrouille qui règle tous les problèmes de Bertie sans se départir de son sang-froid. Alors que son maître possède un franc-parler assez comique et se laisse parfois aller à ses émotions, Jeeves lui, incarne toute la distinction et le flegme du majordome britannique. Parfait Jeeves ? Pas tout à fait. Il lui arrive d'être un peu maniaque, au point de tyranniser son maître lorsqu’il considère que l’ordre domestique et les règles du savoir-vivre sont en péril : ainsi lorsque Bertie décide de porter des chaussettes violettes, Jeeves s’enferme dans un mutisme éloquent et refuse d’apporter son aide jusqu’à obtenir gain de cause.

C'est dans cet ouvrage (publié en 1923) qu'apparaît pour la première fois le duo comique maître/valet imaginé par Wodehouse, un duo destiné à connaître un immense succès outre-Manche. Nous y faisons aussi la connaissance de tante Agathe, véritable dragon qui terrorise son neveu Bertie, et de Sir Roderick Glossop, le psychiatre "spécialiste des nerfs". Tous ces personnages pittoresques reparaîtront dans les autres volumes de la série.

Ce livre n'est ni tout à fait un roman ni un recueil de nouvelles, mais plutôt une série de péripéties liées entre elles. J'ai adoré l'humour "very british" de Wodehouse qui rappelle un peu celui de son compatriote Saki. Le langage et les situations sont franchement drolatiques, et grâce à l'optimisme de Bertie - toujours prêt à prendre la vie à la légère-, cette lecture est des plus divertissantes. N'hésitez plus, "please, meet Jeeves", le domestique que tout le monde rêverait d'avoir!

Critique libre: L'INIMITABLE JEEVES (P. G. Wodehouse)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans

« Plus l’amour est parfait, plus la folie est grande... » (Erasme)

 

Un homme refuse d’accepter que celle qu’il aime le rejette. Partant de cette situation initiale simple, la géniale Patricia Highsmith nous entraîne dans un thriller perturbant aux confins de la folie.

Un suspense haletant, mais aussi un grand roman sur l'obsession amoureuse qui se lit la gorge serrée. Patricia Highsmith réussit, comme à son ordinaire, à rendre attachant un personnage qui pourtant s'enfonce dans la psychose. David est sans conteste un être instable. Mais à travers son "mal étrange" affleurent une grande sensibilité et la douleur d'un homme qui s'accroche désespéramment à ses rêves impossibles. Le refus de la réalité, l'enfermement dans un monde imaginaire qui semble préférable: tels sont les choix pathétiques de David. Ces choix conduiront progressivement le héros à l'isolement, au mensonge et finalement à la destruction. Destruction des autres, mais aussi destruction de soi. Car le roman de Highsmith s'achève dans un paroxysme tragique.

 "Ce mal étrange", roman policier? Sûrement pas. L'intrigue "policière" est ici marginale. Elle n'est qu'un corollaire du drame intérieur de David, une manifestation de cette réalité oppressante qui finira par le broyer. Une fois le livre refermé, le lecteur oubliera l'enquête. Mais ce grand cri de bête traquée, qui constitue le final du roman, le hantera pendant longtemps!

Critique libre: CE MAL ETRANGE (Patricia Highsmith)

À propos

Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

“Passionnée de littérature classique et de littérature du monde, je partage avec vous mes dernières lectures.”

Rédigé par Bianca Flo

Articles récents

Hébergé par Overblog