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Lesmillefeuillesdefirmin.overblog.com

Un blog littéraire. Au programme: plein de lectures, un peu d'art et d'histoire!

Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens

Minuit dans la combe de l’Homme Rouge

 

Mark Wylder, modeste propriétaire terrien, est sur le point d'accroître sa fortune en épousant la belle héritière Dorcas Brandon. Mais voilà que peu avant son mariage, le gentleman disparaît! C'est désormais le capitaine Lake, débauché notoire, qui exerce son influence diabolique sur le manoir des Brandon. Quel horrible secret cache la disparition de Wylder? Et pourquoi le portrait de l'oncle Lorne, ancêtre des Brandon, semble-t-il saigner au coucher du soleil?

Dans ce roman où le mystère flirte avec le fantastique, Sheridan Le Fanu (1814-1873) se plaît à égarer son lecteur en semant de faux indices et en ménageant des rebondissements jusqu'au tout dernier chapitre. A la noirceur des personnages s'ajoute le maléfice des lieux: c'est au fond d'un ravin à peine éclairé par la lune ou au bord d'un lac rougi par la lumière du crépuscule que se déroule ce thriller.

Si vous ne craignez ni les duels, ni les trahisons, ni même les mains fantomatiques qui visitent les lits de paisibles dormeurs, ce livre est fait pour vous.

J'ai eu quelques difficultés à "entrer" dans le roman, car on ne comprend pas tout de suite les liens unissant les protagonistes; mais comme toujours Le Fanu parvient à créer une ambiance particulière, vraiment angoissante. Au fil des pages, les personnages prennent du relief et le mystère s'épaissit. Tout en dépeignant une certaine réalité sociale - l'Angleterre rurale et victorienne -, l'auteur nous plonge dans un univers gothique où les apparitions les plus étranges ont droit de cité. Un étonnant mélange que l'on retrouve dans "Carmilla", ou "L'oncle Silas", les chefs d'œuvre de Le Fanu. Cet écrivain d’origine irlandaise est un auteur incontournable du roman noir et du fantastique anglo-saxon; il mériterait d’être mieux connu en France!

Critique libre: LA MAIN DE WYLDER (J. S. Le Fanu)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens

Dans la tête d’un meurtrier de l'époque victorienne

 

Dans "Les oiseaux de proie", nous avions laissé Charlotte Halliday fiancée et en passe de devenir une riche héritière. « Qui fait attention au nuage grand comme la main qui se montre dans une immense étendue de ciel bleu ? La faible et presque imperceptible menace de ce petit nuage est perdue au milieu de la splendeur d’un ciel d’été. » Ainsi en va-t-il de la destinée de Charlotte : après une période idyllique, elle s’obscurcit progressivement. Et c’est dans son propre foyer que le bonheur et peut-être même la vie de la jeune fille seront menacés. Philip Sheldon, spéculateur rapace que nous avons rencontré dans le premier tome, est prêt à tout pour capter l’héritage de sa belle-fille. Fort heureusement, les véritables amis de Charlotte veillent, sous le regard protecteur de son fiancé Valentin.

Dans ce second et dernier tome, les intrigues familiales, amoureuses et financières se resserrent autour de la jeune héroïne, la prenant au piège. L’histoire devient plus trépidante, voire oppressante par moments. Les personnages révèlent leurs vrais visages: tandis que certains préparent un meurtre, d’autres s’amendent et ces évolutions les rendent plus complexes, plus humains.

Au final la plupart des romans d’angoisse –du gothique jusqu’au thriller moderne- proposent une même interrogation : la victime innocente se laissera-t-elle prendre dans les filets des méchants ou parviendra-t-elle à y échapper ? Question simple mais encore très efficace de nos jours dans une narration.

D’autre part la chasse à l’héritage initiée dans « Les oiseaux de proie »  continue ! Les recherches généalogiques entraînent les enquêteurs – et le lecteur – trente ans en arrière, sur la piste d’un héritier inattendu qui vit en France. Grâce à cette dimension historique, de plus en plus complexe, le mystère s’épaissit.

J’ai lu les 2 tomes de cette oeuvre –soit près de mille pages – en moins de 5 jours car il s’agit d’un thriller tout à fait passionnant. Certes, la fin est quelque peu moralisatrice, mais il fallait bien faire cette concession au lecteur victorien. N’oublions pas que ce roman date des années 1866-1869 ! Il est donc bien audacieux de la part de Mrs Braddon de nous introduire pendant plusieurs centaines de pages dans l’esprit d’un meurtrier.

Critique libre: L'HERITAGE DE CHARLOTTE (M. E. Braddon)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #chez les victoriens, #romans, #toutes les critiques litteraires

L’homme est un vautour pour l’homme, … mais surtout pour la femme !

 

Spécialiste du suspense victorien, Mary Elizabeth Braddon (1835-1915) nous offre ici le premier tome d'une sombre affaire d'héritage et de crime.

Les "oiseaux de proie", ce sont des hommes sans scrupules qui gravitent autour de victimes innocentes mais fortunées. Et parmi ces prédateurs, le plus dangereux est sans doute Philip Sheldon. Ancien dentiste en faillite, il a réussi à s'établir grâce à la fortune du premier mari de son épouse, décédé dans des circonstances suspectes. Sheldon est désormais l'un des agents de change les plus prospères de la City mais ne compte pas s'arrêter en si bonne voie. Sous les dehors de la plus parfaite respectabilité, il poursuit son ascension sociale en manoeuvrant avec rapacité sa belle-fille.

On retrouve cette même avidité chez George Sheldon, frère de Philip. En tant qu'avocat, George se consacre principalement à la quête d'un héritier millionnaire dont il établirait les droits de succession pour lui extorquer de fortes sommes.

Lorsque ces frères à la moralité douteuse s'associent à Horatio Paget, escroc en bottes vernies, les innocents n'ont qu'à bien se tenir, à commencer par Charlotte, la belle-fille de Sheldon. Elle qui vient de trouver l'amour, elle ignore que plusieurs vautours à visage humain planent au-dessus de sa félicité.

Comme toutes les oeuvres de Mrs Braddon, ce roman se lit aisément grâce à la qualité de l'écriture et à une intrigue entraînante. J'ai particulièrement apprécié de suivre Valentin dans sa quête de l'héritier pour le compte de George Sheldon. Ce jeune débauché aux prises avec sa conscience est le personnage le plus sympathique du roman. Il réussit à toucher le lecteur tant par son évolution morale que par son parcours amoureux. On voit donc que si la vénalité est un moteur essentiel du livre, les affaires sentimentales y ont aussi leur place. Tout amateur de suspense et de littérature victorienne y trouvera son compte!

La suite de ce roman à mystères est racontée dans un second tome intitulé: "L'héritage de Charlotte".

Critique libre: LES OISEAUX DE PROIE (M.E. Braddon)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #chez les victoriens, #romans, #toutes les critiques litteraires, #Wilkie Collins

Le joyau d’un mangeur d’opium

 

Tout commence un soir de juin dans la maison de lady Verinder. Au cours du dîner célébrant son dix-huitième anniversaire, Miss Rachel Verinder entre en possession de la Pierre de lune, un singulier diamant que son oncle, officier des Indes, lui a légué par testament. Mais ce qui devait être une paisible réunion de famille devient un casse-tête insoluble lorsque le précieux joyau disparaît. Qui a bien pu le dérober, et pourquoi cet incident brouille-t-il à mort Rachel et son fiancé Franklin Blake? Serait-ce un effet de la malédiction hindoue rattachée à cette pierre? La lande du Yorkshire parsemée de sables mouvants, une servante bossue, une divinité orientale prête à tirer vengeance de ceux qui l’ont offensée: voici de quoi épaissir le mystère.

Le récit de cette inquiétante affaire est mené, à la manière d’une véritable enquête, par différents témoins oculaires. Premier narrateur à prendre la plume, Gabriel Betteredge est le type même du vieux serviteur, radoteur mais fidèle et pétri de bon sens. En tant qu’intendant de la famille Verinder, il se propose de relater la soirée précédant le vol du diamant. Car ne vous y trompez pas: Gabriel est observateur ! Lorsqu’il ne se trouve pas dans la cour, à fumer sa pipe au soleil en lisant « Robinson Crusoé », ce pittoresque personnage est pris de « la fièvre d’enquête ».

Puis,  lorsque les traces du diamant nous conduisent à Londres, c’est Miss Clack, vieille fille bigote et maniaque, qui est chargée d’instruire le lecteur. Elle est la cousine pauvre de Rachel Verinder. Pauvre aux yeux du monde, certes, mais ô combien riche en biens spirituels ! Nous la suivons dans son combat contre les tentations terrestres, d’offices religieux en comités des bonnes œuvres. Armée de sa seule vertu et d’une bonne douzaine de traités dévots, Drusilla Clack nous donne sa version de l’histoire, sans parvenir à dissimuler tout à fait son penchant pour la médisance …

L’enquête est ainsi racontée jusqu’à son dénouement par plusieurs personnages qui y ont pris part. Cette narration variée et pleine d’humour donne à mon avis un charme tout particulier au roman. J’ai adoré !

Mais il y a aussi l’affaire en elle-même, avec ses rebondissements et un vrai détective pour en dénouer les fils ! Le sergent Cuff, amateur de roses et fin connaisseur de l’esprit humain, est un peu l’ancêtre de notre bonne Miss Marple ! Mais ses procédés s’apparentent aussi à ceux de Sherlock Holmes puisqu’il sait tirer le meilleur parti des indices matériels qu’il a mis à jour. Vous l’aurez compris, « La Pierre de Lune » (1868) est l’un des premiers vrais romans policiers du XIXème siècle et il a probablement inspiré les plus grands.

Si l’on ajoute à cela que l’auteur était sous l’emprise de l’opium en rédigeant ce livre et que l’histoire elle-même n’est pas sans liens avec cette sulfureuse médecine, il y a de quoi intriguer plus d’un amateur de suspens !

C’est là ma deuxième lecture de ce roman de Collins et je reste persuadée qu’il s’agit de l’apogée de son œuvre –pourtant aussi abondante que passionnante. A ne pas rater !

Critique libre: LA PIERRE DE LUNE (Wilkie Collins)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #chez les victoriens, #romans

Splendeurs et décadence de la City

 

Augustus Melmotte, un financier véreux, est au coeur de la haute société londonienne des années 1870.

Autour de lui se nouent plusieurs intrigues: Lady Carbury parviendra-t-elle à se faire un nom dans les salons littéraires de la capitale? Son fils, Sir Félix, aura-t-il le cran d'enlever une héritière très convoitée? Hetta Carbury fera-t-elle un mariage d'amour ou suivra-t-elle sa raison en épousant son cousin Roger?

Toutes ces destinées sont liées avec une grande habileté, de sorte que le livre se dévore. Et puis on ne cesse de se demander si les escroqueries de Melmotte seront finalement démasquées.

La plupart des personnages de ce livre sont corrompus, égoïstes ou veules. Ils incarnent la décadence de l'Angleterre victorienne, dépeinte par un auteur vieillissant et désabusé. Au milieu de toute cette noirceur, quelque vertu subsiste sous les traits de Roger Carbury. Ce personnage d'âge mûr représente la véritable gentry anglaise, la noblesse de bonne souche détentrice de valeurs morales, par opposition aux parvenus dépravés. Ce squire est en quelque sorte le porte-voix de Trollope qui s'insurge contre les moeurs de son époque.

Bien que trop peu connu en France, ce roman réaliste est un chef d'oeuvre absolu, à l'égal d'un Balzac ou d'un Zola. La critique sociale s'y déploie avec une élégance toute victorienne. Trollope nous offre un voyage trépidant au coeur de la City: pénétrez avec lui dans les clubs enfumés de la capitale, suivez-le dans le monde sans pitié des finances, un monde où l'argent est roi et où triomphent –parfois- les coureurs de dot.On ressort de ce roman tout étourdi et durablement marqué par la dimension tragique de certains personnages...même si certains parviennent à trouver le bonheur.

L'adaptation proposée par la BBC - une série en 4 épisodes- est tout à fait exceptionnelle, avec David Suchet dans le rôle du grand Melmotte!

Critique libre: QUELLLE EPOQUE! (Anthony Trollope)
Publié par Firmin et Flo sur
Publié dans : #toutes les critiques litteraires, #romans, #chez les victoriens

La grande comédie des vices humains

 

 

Ce « roman sans héros » est celui de deux héroïnes ; mais peut-être Rebecca Sharp, aventurière sans scrupules, ne mérite-t-elle pas vraiment ce titre… Quant à Amélia Sedley, elle est si douce, si dévouée que cela en devient presque de la faiblesse. A peine sorties de pension, ces deux jeunes femmes que tout oppose vont se lancer dans la société britannique. L’Angleterre est alors engagée dans les guerres napoléoniennes et l’auteur mène ses personnages jusqu’à Waterloo. Nous suivons leurs parcours sur une quinzaine d'années, des parcours marqués par des amours contrariés, des revers de fortune, des amitiés brisées puis renouées…

La plume de Thackeray, volontiers satirique, s'amuse à esquisser des silhouettes grotesques, représentatives de tous les vices humains. Comment oublier le gros Joseph Sedley, fonctionnaire aux Indes, aussi fier de ses gilets clinquants que de son solide appétit? Dans cette galerie de francs scélérats, nous faisons aussi la connaissance de lord Steyne, un débauché notoire, de Pitt Crawley qui cache son avidité sous des dehors dévots, de John Osborne, exemple type de l'arriviste, et de son fils George qui mérite bien peu l'amour désintéressé qu'il inspire. Et ce n'est là qu’un échantillon de l'infâmie que vous serez amené à côtoyer ! Le message de Thackeray est sans concession: cette société peu recommandable est la vôtre, lecteur. Dans un monde où la tromperie, l'égoïsme et l'orgueil revêtent des parures respectables, il y a peu de place pour la véritable vertu. Un constat bien noir s’il n’était tempéré par une bonne dose d’humour !

Qui saura mieux tenir son rôle dans ce vaste théâtre des vanités humaines ? La charmante mais perverse Becky ou l'honnête Amélia ?

Ce roman, publié en 1847, est l’un des plus grands classiques anglais. Mille pages fourmillant d’aventures et de traits d’esprit, dont chacune se lit avec délectation. Le narrateur ne cesse d’interpeler le lecteur pour en faire son complice, et ça marche ! On est rapidement captivé par ce style enlevé et spirituel, par ces rebondissements incessants. Reconnaissons-le: tout comme son héroïne Becky, Thackeray n’a pas son pareil pour tisser des intrigues !

Critique libre: LA FOIRE AUX VANITES (William M. Thackeray)

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Rédigé par Bianca Flo

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